LE CHAXSONNIER LILLOIS ALEXANDRE DESROUSSEAUX •15 LE CHANSONNIER LILLOIS ALEXA)JDRE DESROUSSEAUX \·ers la fin de l'année 1892, toute la population de Lille accomp,1gnait au cimetière un de ses enfants chéris, un humble prolétaire, qui fut un charmant poète populaire : « Le chansonnier Dcsrousscaux », comme il aimait à se qualifier lui-mèrnc modestement. Pourquoi cette réputation locale, cene affluence à ses obseques, alors qu'à Paris on ignorait pn.:sque cc poi'.:tc?C'est que Desrousseaux, pendant plus d'un tiers de siècle, n'a cessé de chanter pour k pl:uplc, pour les paunes, pour lès Mshèrit1:s; peignant leurs souffrances, leurs mœurs, leurs pensèes dans leur propre langage. C'est que Desrousseaux avait passé sa Yie au milieu d'eux, et que jamais l'ambition ne l'aYait .détourne de la t:ichc qu'il s'était donnée et à laquelle il n'a pas failli; aussi sa n'.:putation était-elle grande, sa popularité immense dans la grande cité du Nord, qu'il ne \'Oulut jamais quitter. Enfant du peuple, forcé d'entrer à l'atelier dès l'cige le plus tendre, il conserva toujours le souYcnir de ses misèrl:s d'enfance. Il se forma lui-même, se fit lui-même son éducation et son instruction littéraire et musical<.:, conscrYa toujours dans ses œuncs cc patois lillois, cc langage roman-picard, si brutal et si franc, qu'ii tira de l'oubli; il composa la musique de la plupart de ses chansons, qu'il chantait lui-même et qu'il publiait en cahiers. L'œu\'re de Desrousseaux est importante. En outre des recueils, il a publié, de 1851 ù 188-+, cinq volumes de Cba11so11s et Pasq11illeslilloises, puis ,\les Etre1111es, sortes de petits almanachs chantants. En 1885-86 parut Mes Passe-
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