4H LA REVUE SOCIALJSTE SONNETS La Patrie Loin de moi ton poison, ingratitude amère!. .. A l'heure d'accomplir mes de,·oirs infinis on ne me \'erra point faiblir; et je bénis le hasard qui m',t fait ton enfant, 6 ma mère! Et puissé-je ser\'ir à ta gloire éphémère, car je t'aime ... Sans doute, au lieu de tièdes nids, tu ne nous as offert que sables et granits pour dorloter l'amour naïf et la chimère; mais tes fils, tu les \'eux, du bouge ou du château, pour\'u que leur sang rouge empourpre ton manteau, tu les \'eux accourus aux durs appels du cuiwe. Ton cœur est dur - 6 mère - et tes ,·œux insensés; mais, tandis que mon ,îme aux clairs azurs se livre, ,·oici mon rouge cœur, bois et mange ; ·- est-cc assez ? (La v;,, /Jiroïque.) MARCEL RÉJ.\. Obéissance Je suis cc fau\'e à l'œil féroce, au croc sauvage, glorieux de sa force et roi de son désert, que des hommes poussant \'ers le piège entr'ouvert ont ridiculement enclos dans une cage. .-\ présent, une \'Oix fait tomber 111011 courage, un \'il bourreau me fait, pour prix d'un peu de chair, faire le chien sa,·ant à la risée offert et je dois obéir en ra,·alant ma rage. Et je vis!. .. et je vois le soleil! ... oui, je \'Cux , ivre malgré la honte et, lâche et cauteleux, je ,·eux courber mon front hautain dans la poussière. En attendant k jour précis, en attendant 1:t triomphale aurore où, domptant la lanière, j'effacerai tout mon passé d'un coup de dent. (La l'ie /Jiroïq11e.) MARCEL RÉJA.
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