LA RE\TE SOCIALISTE Temps, puis l'Ilis!oire dt's .\fœurs populaires de la F/a11dre fm11çaise, qui est une reconstitution et une n:gt'.:nt'.:rationdt.: la langue qui s'y parlait, et qui jette les bases d'une gr:1111maireet d'un \'Ocabulaire du patois roman-picard tel qu'il existait il y a cinq ou six siècles. « Le. roman-picard - dit Armand Syln:stre -- est exclusi\'emcnt f.tit de mots nationaux, pour ainsi parler, nuis défigurés par les abn;- ,·i.itions, les élisions et les particularites de la prononciation. li n'a pas la saveur latine de ceux du ~lidi, mais il est plus immédiatement comprt'.:hemible. ,, « ~!aigre l'absence de mots poetiques - dit i\1. J. Corblet - le patois pica1{l ne manque pas d'èlé\'ation. li a du nombre, de l'harmonie et de l'énergie; sa bonhomie railleuse le rend mcrYcilleusement propre aux sujets badins et enjoués; mais il aurait pu facilement devenir un éloquent interpn:te <le la haute pot'.:sie sans l'influence des préjugés qui frappent de discrcdit tous ks patois du ::--:onlde la France. Il aurait surtout brille par le pittoresque de l'expression, la Yarit'.:11d:es cadences et l'harmonie imitati\'e. " C'est dans ce dialecte, qui a\'ait sen·i au poète lillois Jacquemars Gi.:lt'.:cpour écrire, au treizième sit'.:clc, son roman Renard le 11011wa11, que Desrousscaux écri,·it ses œunes, comme nous le \'Crrons tout à l'hcare . •\upara\'ant, quelques mots sur l'homme. Il naquit en 1820, à Lille, d'un ancien sous-oHicier des armèes de la Rcpublique, qui tenait :i cctk époque une paunc petite épicerie rue Saint-SauYcur, et qui, à ses heun.:s de loisirs, maniait l'archet. A six ans, le jeune Alexandre c111ra en apprentissage chez un ounier tisserand, 110111111\\1'i:lmot, qui lui donna les i,r..:mi<'.:rcsnotions d'instruction. li passa succcssiYement Jans plusieurs autres ateliers et entra comme ounier tailleur chcz Bruncl, une sorte d'ounier philosophe, qui continua l'instruction du jeune Alexandre. Aprés son scn·ice militaire, durant lcqucl il a\'ait fait partie de la musique, cc qui acheva de le perfectionner, il rentra :i Lille et chercha :i gagner son pain. Il de,·int employé à l'administration <lestabacs, puis au mont-de-pictè, enfin :i l'hôtel de \'ille où il dc,•int chef de bureau. li fut de toutes les Sociétés musicales, de chant et de littl'.:rature de la contrée, de diffcrentes Socit'.:tés i:trangères, membre de la Lice rlu111so1111ii-re d Paris, enfin cheYalier de la Lcgion d'honneur. Tel est l'homme. \'oici l'œuvrc. Ses chansons ont ordinairement pour sccnc le bal, l'estaminet, la guinguette, les places publiques et pour thcme, d'une simplicité toute nati\'<! sans effort d'imagination, les amourettes, les querelles de ménage, les fêtes, tolllc la vie domestique et sociale.
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