XOTES SUR LE MOUVD!EXT COOPÉRATIF E~ FRANCE 437 républicain, aycc les garanties essentielles ducs a la socictc civile et à l'État. Ce projet n'aboutit pas non plus. ;-.1.Bourgeois pourrait trouver la l'occasion d'ajouter une belle page a sa Yie politique, s'il menait a bien la proposition qu'il Ya dcposer a la Chambre (r). On avait pensé un moment que l'on aurait pu grouper dans une même idée les Sodé tés coopératiYcs et les syndicats agricoles, et quc ces deux institutions réunies doubleraient ainsi leurs forces. La chose paraissait tout a fait naturelle. Que sont, en effet, les syndicats agricoles? Au fond, cc sont des Socictés coopératiYes achetant en gros les engrais, semences, instruments agricoles, et quelquefois, quoique plus rarement, vendant au public certains produits : ,·ins, bicres, beurres, Yiandcs de boucherie. lis jouent donc, par cc fait, tantôt le rôle de Sociétcs de consommation, tantôt de Sociétés de production. On fait remarquer, aYec beaucoup de bon sens, que les Soci.:tés Je consommation pourraient s'adresser directement aux syndicats agricoles pour toutes les denrées alimentaires, et réaliser ainsi la mise en relation directe et immédiate <lu producteur et <lu consommateur. Cette union fut tentée en r888 au congrés de Tours. La question fut rapportée par M. Georges.\1auriu, mais elle est restée sans résultat. Actuellement, il serait inutile Je tenter une nouwlle démarche. Des querelles très viYes et trop recentes diYisent ces Jeux so11es d'associations. Les syndicats agricoles sont tous gagnes aux idées protectionnistes, tandis que les Sociétés coopératives sont par essence profondément libre-échangistes. Or, on sait qu'il n'y a pas en France de plus acharnés adYersaires qu'un libre-échangiste et un protectionniste (2). Le dernier argument que nous tenons a inYoqucr contre le dé,·eloppemcnt des Sociétes coopératives réside dans le manque de foi dans ces institutions. Beaucoup n'y Yoient qu'une question de boutique, et il suffit qu'une Société périclite faiblement, et cela pour des raisons passagères, pour assister à la débandade des adhérents. :\ coté de ces différents obstacles, les Soci0tés coopératiYcs ont eu surtout à subir l'influence désastreuse des divergences de doctrine parmi les principaux champions de l'idée coopératiYe. Cela a. produit un veritable schisme, et il est à préYoir que cette hostilité purement de doctrine n'est pas prcs de s'effacer. Chose à remarquer, ces dissentiments n'existaient pas au début. On voyait à côté <les cooperatcurs, comme M;-.1. Fabre et <le Royve, (1) Yoir le Journal Ojfiâel, annt!c 189r. Documents par1ementaircs du Senat, page 832. (2) Comme preuves a l'appui, il n'y a qu'l lire les aménités que M. )Iélinc échange quelquefois ayec ~IM. Yves Guyot, Paul Bcaureg,1rJet quelques autres bauilleurs du libre.échange.
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