LA RE\"UE SOCIALISTE C'est ainsi que l'ont compris certains de nos hommes politiques, qui ont servi la cause politique républicaine radicale, et c'est ainsi que la comprend encore aujourd'hui celui qui préside le conseil des ministres, M. Léon Bourgeois. En 1888, M. Ch. Floquet, pn'.:sident du conseil des ministres, de concert a,·ec son collègue Ferouillat, ministre de la justice, déposait un projet de loi sur la liberté d'association qui donnait pleine satisfaction aux aspirations de la démocratie. Après avoir déclaré que tous les partis réclament à l'envi l'abrogation de l'ancienne loi et des articles du code pénal qui mettent des entraves à la liberté d'association, M. Floquet disait : « >lous estimons qu'il est urgent d'établir la liberté d'association, non seulement parce qu'elle consacre cc droit inhérent à la nature humaine, mais aussi parce que l'exercice régulier et permanent de cc droit de l'ensemble des citoyens est une condition de vie pour un règime fondé sur la souveraineté nationale (1). » Les mêmes idées avaient déjà été soutenues par un fin lettré, qui n'avait toucht'.: à la politique qu'en amateur. M. Ed. About, dans son ouvrage intitulé Le Prog;-ès, avait fait ressortir les avantages de l'association, qui doit t'.!trel'apanage d'un peuple libre. Il avait mis fort bien en lumiere cette idée que l'association est fondée sur la solidarité des individus pour créer la st'.:curité, l'abondance et la force (2). M. A. Naquet, dans son excellent ouvrage, peut-ètre un peu oublié aujourd'hui, La République radicale, a mis en lumière la necessité impérieuse, pour un rcgimc de suffrage universel, de faire une loi sur la libertc d'association (3). Cette loi existe dans les pays libres, comme l'Angleterre et l'Amérique. Il nous faudrait énumérer toute b littérature radicale, si nous voulions seulement donner une nomenclature approximatiœ des idées émises sur cette matière. Mais revenons aux travaux tout à fait parlementaires. M. René Gabiet, que l'on est sûr de rencontrer dans toutes les questions où la liberté est engagée, avait repris, en 1891, la proposition de loi dt'.:posce, en 1888, par M. Floquet. Il lui a donne son cachet personnel. li avait su établir la démarcation entre la liberté d'association, qui est de droit naturel, et la liberté de posséder à laquelle aspirent les clo'.:ricaux.M. Gabiet, dans son projet, faisait comprendre qu'il ne s'agissait pas de faire rcviHe la mainmorte, mais de concilier les principes d'cgalito'.: et de liberté, qui sont ceux du gouvernement (1) Voir le Journal Officiel, de ,l'année 1888. Documents parlcmentaires de 1• Chambre des députés, page 711. (2) About (Ed.). Le Progr;r. Paris, 1864, in-8°. (J) Naquet : La Rep11bliq11raedicale. Paris, 1873, in-12.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==