XOTES SvR LE ~IOL"\"E~IEXT COOPÉRATIF EX FRAXCE -135 les om-riers n'aiment pas être gouwrnés par leurs pairs .. \ucun ne se soucie d'abandonner k plus petit atome de son indt'.pendancc ou k plus petit sou de sa caisse au profit d'une association œntrale. On est tenté de se demander quelquefois si l.t race fra11ç,1iseest susceptible de comprendre et de s'.1dapter :i une autre forme d'association que celle qui porte le nom o'ÈTAT. Celle-ci lui conYient à merYeille, et tel, qui 11'.iccepter,1 pas d'être gou,·erné par son camarade, obéira trcs docilement aux injonctions d'un employé d'administration (1). Pourtant, c'est de l'association que l'élcment om-ricr et producteur pourr.1 tirer toute sa force. C'est une bonne loi sur l'association qu'un régime naimcnt démocratique denait faire. Le ministcn: Bourgeois, d.rns sa déclaration ministérielle <lu 2 noYembrc 1895, prenait l'engagement formel <le tra,·aillcr ,i l'élaboration d'une loi sur la liberté de l',1ssociation. Yoici comment s'exprimait le chef du gom·ernement: « Cne lacune considérable existe dans notre législation politique: l.t libcrti: d'associ,llion n'y est pas encore inscrite. '.\'ous croyons que la dcmocratic française doit aborder cc problème. Cne loi sur les associ,ttions n'est pas seulement nécessaire pour prép:trer, quel qu'en soit le car,tctcrc, le réglem,:nt définitif des rapports entre ks Eglises et l'ttn souYerain. Elle contribuera à l'apaisement de bien des conflits politiques et sociaux, en substitu,rnt un \"t:ritabll! droit commun également respectueux de l.1 libcrtt'.:de l'indiYi,lu et de la sécurité de l'Etat.» Cm· loi sur la liberté de l'association serait le complément des lois libérales antérieures, telles que ce lies <lu30 juin 188 r sur l.t libcrti'.: de n:union, du 29 juillet 1881 sur la liberté de l.t presse, et du 21 mars I 88--1s-ur ks syndicats professionnc.:ls. Cette question a toujours été .i l'ordre du jour du p,irti radical; et, chose curieuse, des esprits mod.:rés, comme~!. \\.aldcck-Rousscau, n'ont pas hésité à l'aborder: prcuYe son projet de loi déposé en 1883. Les ré,1c1ion11aires, qu'ils se rattachrnt au principe de la monarchie impériale, comme ~!. Cunéo d'Ornano, ou qu'ils appartiennent à la monarchie constitutionnelle, comme certains princes de l'Église, l'ont souYent réclam.:e (2). li est nai que, pour ces derniers, on décou\Te comme une arrit'.:rc-pcnsée de faire n:,·i\TC les anciennes corporations Lk l'ancien régime, de manière :i s'affranchir, presque radicalement, de l'autorit.: de l'Etat, qui ne doit jamais abdiquer sa souYera111cté. La loi snr la liberté d'association doit ètre une œune de liberté et de: progn:s, et pas une arme: entre les mains d'adYersaires qui YOU· draient s'affranchir de l.1tutelle gènércuse de l'Etat. (r) Voir l\trticlc de~[. Ch. Gide!, Rtnre d'Ècouomit·politique, :rnnéc 1893. (2) Yoir le ]011r11al Officiel, ùe 1886. l)ocuments parleme11t.1iresde la Chambre des <lêputt!s,p.1ge466.
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