La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\'t,;E SOSIALISTE sont né.:essairns ,i l'homme : que l'industric suppose le langage et la scit.:nce; - que si, enfin, les émotions int6resst:es suffisent à l'animal, les émotions supérieur..:s et Jésintér..:ssécs de l'amour sympathique et du scns esthétique sont ni;ccssaires à l'homme, toujours en raison de la spécialité tks occup,1tions : qu'en un mot, l'industrie suppose l'art. S'il cn est ainsi, n'est-il pas certain que, entre l'utile, d'une part, le bien, le n,1i et le beau, d'autre part, il n'y a point d'antinomie; que l',1rt, b science et ks mœurs, institués et cultivés pour cux-m~mcs, tournent d'cux-mémcs au profit de l'industrie. li cxi,tc un line de :'ILCousin, qui est comme le manuel du spiritu,1li,me éclectique ( cai l'éclectisme a fini par \'erscr Jans le plus étroit spiritualisme), intitulé : Du Vrai, du Beau el du Bieu. La théorie du Hai y donne les conceptions rationnelles comme tks idées innées; la théorie du bc,rn y rcprcnd ks émotions csthétiq ues à la sensibilité pour ks donncr à l'intelligence; quant au bien, je n'ai. rien à en dire, sinon qu'il y est tout ,i fait séparé de l'utik. Cette omis.sion n'est-clic pas symptom.uiquc ? Et quand le spiritualisme Yeut nous donner le mot de notrc destinée sans nous parler de la Ji\'ision Ju travail et Je l'industrie, n'essaic+il pas J'cxpliquer cc qu'est unc montre en faisant ,1bstraction du cadran et des aiguilles? Je Jis qu'en cc sens il faut réagir contre le spiritualisme exclusif; et, en cela, je suis de l'aYis des saintsimoniens, des fouriéristes et Jcs autres socialistes. Si nous YOulons résoudre 1c problt':me de la destinée de l'homme en société, il faut au moins considérer cette destinée dans son entier et ne pas la mutiler arbitrain:ment cn séparant l'une dc l'autre la destinée physiologique et économique de l'homme et sa destinée psychologique et morale. Et toutefois, en suiYant les utilitaires jusqu'à un certain point, je Ill! ks suis pas jusqu'au bout de leur systéme. Je fais à l'utilitarisme de grandes concessions. Je concède au point de vue de l'utile les arts techniques : a~riculture, industrie, commerce. Cela ne fait pas d'ailleurs de difllcultt'.:. Il y a plus: je lui conc.:de la proJuction industrielle économique, c'est-.i-dire l'organisation de l'agriculture, Je l'industrie, du commt:rce sur le pied de la division du tranil. Et, en ccla, je suis avec les utilitaires contre les moralistes qui Yculent introniser le point de nie du bien dans l't'.:conomie politique appliqui:e. Enfin, je Yais plus loin encore: j'accorJc que l'art, la science et les mœurs sont en quelque sorte des conditions mo'.:diates<l'accomplissement dt: notre dcstinél! humaine dont l'objet immt'.:diat est l'industrie. Tel serait, l'll effet, le ro'.:sult.itde la synthèse ,\ laquelle aboutit mon analyse. Mais cela mo2me ne suflit pas ci l'utilitarisme; et, ici, je l'abandonne. _Il ne suffit pas ,i l'utilitari5me qm: 1'.1rt,la science et les mœurs concourent harmoniquement, mais inJ<'.:pcn<lammcnt, au succès de l'industrie; il faut qu'ils soient Jomin.'.:s et absorb.::s par clic. Demandez it un utilitaire quel est le point

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