La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

MÉTIIODE DE CONCILIATION OU DE SDiT!IÈSE 399 fonnément à ses dons », c'est-à-dire conform<'.ment aux aptitudes, aux qualités qui lui ont été dèpartics .. \insi, il est bien que l'[ndicn agisse conformément à ses dons, qui sont de chasser, de pêcher, de s'asseoir autour du feu du conseil et dt.: marcher dans le sentier de la guerre, d'user de ruse, de lancer le tomahawk, de scalper. Et il est bi..:11que l'homme blanc agisse, lui aussi, conformément à ses dons, qui sont d'être franc et loyal, aussi humain et génfreux qut.: braye et hardi. Cette doctrine est exactement la mienne; je vais seulement un peu plus loin. Au dehi de !'Indien, au delà même Je l'homme blanc, qui n'est souvent qu'un Peau-Rouge à peau blanche, je vois l'homme proprement dit, la personne morale, et je dis que tout est bien s'il agit conforml'.,11cnt à ses dons, qui sont la raison et la liberté. Je ne suis pas de ceux qui croient que Dieu a écrit sa loi dans un livre, comme nous mettons nos idées dans les nôtres; je crois que la loi n'est écrite que dans le grand line de la nature physique et morale, mais je l'y trouv..: imprimée en caractères ineffaçables. Les mœurs sont l'ensemble des rapports des personnes cntn:: elles; l'industrie est l'ensemble des rapports d..:s pcrsonm::s an:c les choses. Cela du moins va de soi pour l'industrie proprement dite : il est évident que l'industrie proprement dit..: n'a de rapport qu'an::c les choses et que les théories dt.:sdiverses industries, ou les arts techniques, n'ont pas à se préoccuper de la justice. Il n'.:n est pas tout :i fait dc même pour l'industrie générak, c'est-à-dir..: pour la production de la richcssc sociak par les hommes en société et pour sa th<.:ori..:qui est l'économie politique appliquée. Ici, ks hommes n'entrent pas seulement en rapport avec la richesse soci,lie, ils .:ntrent en rapport ks uns avec les autres comme trav:iilleurs diYisant k tra,·.1il, et l'on peut se demander si ces rapports économiques, réglés par l'intérêt, s',1ccorderont ou non avec ks rapports moraux réglés par la justice. C'est la question de la contr,1diction ou de l'harmonie de l'intérèt et dt.: la justice qui se présente immediatcmcnt apn;s c,.:11..d:e leur identité ou de leur distinction. Cette question n'est-clic soluble qu'a posteriori, dans ses consequcnccs? li m'a paru qu'on pou,'.lÎt la résoudre a priori, d:ins son principe; j'ai essayé de le faire, et Yoici comment je m'y suis pris. J'établis successi,·ement que, si l'instinct a,·eugle et fatal suffit .i l'animal de qui les facultés sont naturellement :\ la hauteur de ses besoins, la volonte clairvoyante et libre est ni:cessaire à l'homme de qul les besoins, à l'rtat d'isolement, d<.:passeraicnt les facult.:s, et de qui les facultés ne dépassent les besoins que dans l't;tat social et par la di,·ision du traYail : bref, que l'industrie suppose ks mœurs; - que si, pour la m0mc raison, les représentations de l'imagination su/lisent :i l'animal, les notions de l'entendement et les conceptions de la raison

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