La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\ïJE SOCIALISTE reusc est le principe ùc la science. Or, nous sommes sur le terrain ùe la science; donc, sur cc terrain, nous cherchons l'absolu ou Li perfection. Il ne nous suflit pas d'une demi-utilitc ou d'un a-peu-pri:s de justice; il nous faut soit !'milité compl<'.:te, soit la justice pleine et cntii:re. ;\'ous donnons tort aux libéraux, aux empiristes; nous donnons raison aux socialist.::s, aux idéalistes. :'\laintenant, nous rencontrons une deuxième question : Cet id.:al est-il un idcal d'cquité, de justice? Est-il un idéal d'intérèt, d'utilité? C'est ici que nous trouYons en présence les moralistes ou spiritualistes et les utilitaires ou matérialistes. Pour faire la théorie de la production et celle de la n'.:partition de la richesse sociale entre les hommes en société, il faut, ai-je dit, sa\·oir deux choses : ce que c'est que la richesse sociale et cc que c'est que l'homme en socit'.:té. Cette dernii:rc condition est essentielle, non seulement pour faire la théorie dl! l'i11d11strie et de la propritité, mais aussi pour faire celle de la/11111i/lect du go11veme111c11/. Ainsi, pour faire la théorie de la socit'.:té en gént'.:ral, cconomiquc ou morale, et pour la faire a priori c:t rationnellcmcJ1t, une opération pn'.:alablc est nccessaire: dégager par abstraction de l'expérience la définition Je l'homme. Les empiristes nous contestent la possibilitc de cette opération. L'homme Yaric, suiYa11teux, de pays à pays, de sii;clc en sii:clc; il n'y a pas d'hommes, à leur dire; il n'y a que des Français, des Allemands, etc. A quoi nous répondons que, sous les différences relatives aux lieux et aux temps, il y a l'unité essentie!le; que, s'il ctait vrai qu'il n'y eùt pas d'hommes, mais seulement des Français, des Allemands, il serait vrai alors qu'il n'y a pas de Français, ni d'Allemands, mais qu'il y a Pierre, Paul, Wilhelm, fricdrich. Au surplus, essayons. L'opération est assurément délicate; mais, si nous l'effectuons, il sera pourtant certain qu'elle n'est pas impossible. Au point ck vue physiologique, l'homme est un être apte à diYiscr le tra,·ail et qui manifeste socialement cette aptitude dans l'i11d11s!rie. Au point de rne psychologique, l'homme est un être doué d'amour sympathique et de sens esthétique, d'entendement et de raison, d'une volonté libre et qui manifeste socialement ces facultés dans l'art, la science et les 111œ11rs. L'cnsl.!mble de ces quatre cat~gories : l'art, la science, les mœurs et l'industrie forme la destinée humaine. Et cette destinée s'accomplit dans des sociétés où l'homme trouYe, en y arriYant, l'acquis des générations antérieures, où il laisse, en les quittant, le n'.:sultat ùe ses propres efforts, et qui dies-mêmes naissent, grandissent et meurent. Sommes-nous en dehors de l'obserrntion et de l'expérience? ::slon. Voit-on jamais l'homme \'ivant, à la manière des animaux, dans

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