La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

MÉTHODE DE COXCILIATIOX OU DE SYXTIIÈSE 395 de l'idbl, de la perfection. Personne ne peut nous cmpcchcr de définir, c'est-à-dire de dégager par abstraction de l'cxpéricnct:, l'idée de la richesse sociale, des capitaux et des rcYenus, des st:rYiccs producteurs et des produits, des proprietaircs, traYailleurs et capitalistes, des entrepreneurs, du marché et des prix; l'idée de l'homme en sociétc, di\·isant le traYail, raisonnable et libre. Or, sur le fondement de ces idces, nous pouYons, nous de\·ons ctablir la théorie de la production et celle de la repartition de la richesse sociale entre les hommes en sociétc. Par exemple, nous montrerons dans quels cas la libenc du traYail et dt! l'échange assure à la fois l'abondanct: et la proportion dans la production de la richesse, et dans qut:ls cas elle n'y réussit pas; et de là nous déduirons les limites de l'initiati\'e indiYi<luelle et de l'intervention de l'État dans l'agriculture, l'industrie, le commerce, le crcdit. De même nous démontrerons que la propriété indiYiduclk des facultcs personnelles a\·cc la propriété collcctiYe de la terre satisfait à l'égalit.'.: des conditions en même temps qu'à l'im'.galité des positions en matiere de repartition de la richesse. Ces conclusions seront absolues, parce qu'elles seront applicables à toute societe d'hommes produisant et se répartissant entre eux la richesse sociale. Elles constitueront la Yérité sociale economiquc. En fait de politique, au contraire, nous deYons être scrupuleusement libéraux. En fait d..:politique, nous sommes sur le terrain des faits, de la realitê, de l'imperfection. lei, nous sommes en présence <letelles ou telles conditions de la richesse sociale, de telles ou telles conditions de l'homme en socicte. Nous a\·ons des tcrn:s, des facultcs personnelles, des capitaux en quantité plus ou moins consi<lerable, de qualitc plus ou moins satisfaisante; nous trouYons des Français, des Anglais, des Allemands, des Belges, des Suisses, dcs Européens, dcs Asiatiques, etc., Yi\·ant sous l'influence de tel ou tel climat, sous l'empire de telles ou telles traditions. Au sein de ces faits, nous laisserons les idées pénétrer de façons diYerses. Les uns iront à l'ordre par l'abus de l'autorité et d'autres par l'abus de la liberté; les uns iront it la justice par l'exd:s de l't'.:galité et les autres par l'exccs de l'irn:galitc. Ces applications seront rclatiYes parce que, si la science est uniYcrselle et permanente, la politique est locale et accidentelle, qu'elle est française, anglaise, allemande, belge, suisse, etc. Elles constitueront l'opportunitc politique. II 1 SYNTHÈSE DE L'UTILITARISME ET DU MORALIS~IE Nous disons donc que, si le relatif ou la perfectibilité pure et simple est le principe de la politique, l'absolu ou la perfection rigou-

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