La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

392 LA RE\'UE SOCIALISTE fonde dans les attaques du libéralisme, nous le trouYerons. Rappelonsnous les saint-simoniens s'adressant successiYcment :\ );apoléon fer, à Louis X\'Ill, à Charles X, à Louis-Philippe, à Napoléon 111, pour leur proposer un échange de bons sen·ices; les fouriéristes en quête d'un million pour fonder le premier phalansti:re; 11!.Louis Blanc atte11- ,!.111dt e la République de 1848 la réalisation de ses ateliers sociaux; ;\I. de Girardin, lui aussi, ses plans à b main, s'adressant toujours, non au public pour le convaincre d'en réclamer l'application du pouYoir, mais fü pou,·oir pour lui persuader d'en imposer l'application au public. Rappelons-nous l\l. Proudhon, s'écriant, aprcs a,·oir exposé son systéme de cn'.:dit gratuit par la n'.:ciprocité, ou de substitution de la commandite du traYail ,i la commandite du capital : " Que le pom·oir, à dcfaut de l'action spontanée des citoyens, donne le branle, et, en un jour, en une heure, toutes ces réformes, toutes ces réYolutions peun:nt s'accomplir. (1) » Apn;s de telles paroles, en présence d'une confiance aussi omrecuidante et d'une aussi Yiolente tyrannie, est-cc trop de toutes les railleries que le libéralisme fait pleu,·oir sur ses ad,·ersaires? Cette gratuité du crédit par la reciprocité, cette substittnion de la commandite du traYail :\ la commandite du capital, et toutes ces réformes et toutes ces réYolutions qu'un pouYoir intelligent et fort, à défaut de l'action spontanée des citoyens, s'ils sont trop imbéciles et trop l.khes, est mis en demeure d'accomplir en un jour, en une heure, n'est-cc pas 1:\ Yéritablement cette solution ~luprobléme social qui se n'.:clame comme un objet perdu, cc secret mcrYeillcux que l'on peut publier, afficher sur les murs, qu'on espérc trouyer un de ces matins au _\fo11i/rnr? En cc sens, assurément, la plaisanterie ne manque pas de sel. Soit. :\fais maintenant, et après que nous l'aurons suffisamment goûtée, faisons une autre supposition : c'est qu'au lieu d'être dirigée contre un empirique, qui, non content d'énoncer sa doctrine, en réclame en outre une application instantanée et despotique, cette mème plaisanterie s'adresse, au contraire, à quelque savant qui, satisfait d'a\'Oir produit ses théories, s'en remet entiércment, pour leur rejet ou leur adoption, :\ la discussion approfondie, it l'initiatiYe Yolontaire d<' ses compatriotes, n'est-clic pas en cc cas parfaitement dcplacce? Eh quoi! c'est ~!. PréYost-Paradol qui affirme ne s'0trc jamais nnté de résoudre le problcme social! A notre tour nous en crovons à peine nos yeux en lisant cette dUcnse intempestive! N'ayons-nous pas tot:s lu Ln France 11011ve//e, cc linc étonnant où sont fixés de point en point les institutions et les principes de gouYcrnement qui conYienncnt à la (1) De la j11s/ia dam ln Rh·olufiou cl dans l'l:.'glise. Troisième ~tude. Lcj Biem, page 98. I •

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