La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

MÉTHODE DE COXCILIATION OU DE SYXTHÈSE 391 jamais parlé de cette histoire, ni leurré là-dessus personne, et il nous impose péremptoiremem la solution du problème soci.d ! C'est presque un mauvais procédé de la part de ;\[. Giraudcau, et, en tout cas, c'c,t un moyen oratoire indigne de sa méthode ordinaire de discussion; mais nous ne lui en gardons p.1srancune. Ce moment d'oubli est ,·enu sans doute d'un moment d'cmb.1rras. La so/11/iou du problhnt social, c'est le tarie ii la crê111e des écriv,1in:,de cette c'.!cole;ceb fait le bruit d'un argument et tient b place d'une raison. C'est une sorte de che,·ille poétique qui ac.:usc plutôt l'abs<.:nccde I.1musc que la mau,·aise foi de !'écrivain (1). Assurément, le ton de ces lignes n'est guérc celui qui c01wicnt ;\ la science. li faut étrc homme d'esprit par état pour ne pas comprendre combien il est sot de parler si légèrement de choses si gr:ivcs. Et pourtant, après tout, pourquoi la science ne se fcrait-elll! pas à tous les tons? L'esprit qui ne va pas tout droit au juste point de la Yérité et de la raison ridiculise moins ses ad,·crsaircs qu'il ne se ridiculise lui-même. J\I. Prhost-Paradul a YOulu, dans cc passage, peindre de la manicre la plus drôlatique les socialistes, « ces personnes qui peuvent parler innocemment de la solution du problérnc soci:il ». ?v!ais il se pourrait qu'il da peint également les libérau~ et qu'il se fùt peint aussi lui-même d'une façon qui ne fùt gucrc moins di,·crtissante. Gardonsnous de nous laisser charmer par les gr:iccs de son ironie. l\lais gardons-nous aussi de nous blesser et de nous irriter de Yoir railler, comme il le fait, nos ambitions les plus chères. Ayons le calme qui sied à des lecteurs d'un esprit cultiYé et impartial. Et soyons aussi exempts de cet enthousiasme fanatique dont la plupart des sectaires com-rent l'étroitesse de leurs systèmes que de la fatuit.: suffisante sous laquelle certains beaux esprits dissimulent leur complétc ignora111:cdes choses de l\:conomie politique et sociale. Dans de telles dispositions, nous soupçonnerons tout d'abord qu'ici, entre libcraux et socialistes, les raisons et les torts se balancent peut-i?:trc, de telle sorte qu'ils se trouvent en face les uns des autres comme deux :irrn~cs ayant chacune son aile droite en avant et son aile gauche enfoncée et qui toutefois ne manquent pas chacune de s'attribuer la victoire. En conscqucnce, nous chercherons bicntàt à faire une distinction des points sur lesquels le socialisme et le libéralisme sont respectivement dans le nai et dans le faux. Et, finalement, nous ne tarderons pas à opérer la conciliation de ces deux doctrines oppos~es dans une troisième formee des parties saines et n;sistantes de l'une et de l'autre. Tels sont, si l'on s'en souYient, le point de départ et le but du synthctisme économicosocial. Cherchons donc tout d'abord attentivement ce qu'il peut y a,·oir de (1) journal des Débats, 2ï septembre 1868.

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