LA REYUE SOCIALISTE que j'ai discuti: dans mes trois lettres intitulées : Socialisme et Libéralirn1e (r), quand il voyait et montrait l'opposition entre le libéralisme et le socialisme dans la croyance de l'un à la pe1feclibililé pure et simple de la société, et dans celle de l'autre à sa pe1fectio11 possible. Et c'est en quoi je pense toujours qu'il était on ne peut mieux inspiré, non pas qu'on ne puisse dcfinir le libéralisme cr k socialisme de plusieurs autres maniéres, mais parce qu'à le faire ainsi, on pose, annt la question de saYoir comment on doit faire la science sociale, la question de saYoir s'il y a, oui ou non, une science sociale. Toutefois, puisque j'ai discuté philosophiquement cette question ayec l'vl. Schcrer, je la discuterai aujourd'hui d'une façon plus simple et plus familiére avec un autre libéral aussi décidé, J\1. Prc,·ost-Paradol. Le champion, je dois le dire, ne sera pas tout à fait aussi sérieux; mais, puisqu'à cet cgard les diYcrgcnces abondent, il y a tout profit a multiplier les exemples. Dans le genre des libéraux il y a plusieurs cspéccs : il y a, entre autres, celle des gens que l'affirmation pure et simple de la question sociale a le don de mettre en gaieté; c'est une \"ariété à connaître. J\I. PréYost-Paradol est de cette école; c'est ainsi que, répondant à un rédacteur du Co11slilutio1111cl, il repoussait, dans le Jo11maldesDébats, une manifestation de l'esprit socialiste (on ne se serait pas attendu à Yoir la cause du socialisme entre les mains du Co11slit11/io11uel) par une manifestation de l'esprit libc'.:ralexprimée dans la forme cxcessÎ\•ement impertinente et moqueuse que voici : N'ous ne voulons pas quitter ce citateur, qui est, après tout, ingénieux, instructif et digne d'attention pom les personnes qu'intéresse notre histoire politique, 5ans lui faire une querelle. Dans l'un des articles où il nous fait l'honneur de nous mettre en cause, M. Giraudeau nous a reproché de n'avoir pas donn~ « la solution du problème social ». N'ous .:n croyions à peine nos yeux en lisant cette accusation malsonnante. Il y a des personnes qui peuvent parkr innocemment de la so/11tio1d1u problhnr social; il y en a d'autres qui en vi,·ent et à qui ces quatre mots tiennent lieu d'esprit, de talent, de justice, de patriotisme et de raison. ;\lais M. Giraudeau n'est pas de ceux-là. Ce n'est pas sérieusement sans doute qu'il nous réclame, comme un objet perdu, la solution du probléme social, il nous qui ne nous sommes jqmais vanté de le résoudre et qui n'a,·ons jamais escompté, en nie de cette solution promise, une popularité trop facik. Si ;\I. Giraudcau est pourtant, par impossible, de ceux qui attendent prochairn:mcnt la solution du problème social, que ne prcsse-t-il le gouvernement de la donner? Pourquoi garder si longtemps cc secret merveilleux, s'il Lxiste? Pourquoi ne pas le publier et l'afficher sur les murs? Voilà seize ans que nombre de nos concitoyens s'attendent tous les matins i le trouver ,tu Moniteur ! Et, au lieu de seconder l'accomplissement de cette légitime espérance, M. Giraudcau se tourne brusquement vers nous, qui n'avons (r) Recbercbcde I' Idéal social) pages xr-xxx1.
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