La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

388 LA RE\"UE SOCIALISTE ------------------------- l'on a :'t faire pour en aYoir une à soi, c'est de tout remettre en question Jepuis ,\ jusqu':i Z. JI semble que, parmi les sciences, les unes Joi\·cnt s'élaborer morceau par morœau, comme on aYance pas à pas vers un but, et que les :rntres doi,·ent être commencées et achevées tout d'une pièce, comme on atteint un but en y lançant des traits succèssifs. Aucun des traits lancés par les penseurs et les écrivains n'a touché jusqu'ici le but de la question sociale .:conomique; mais, si l'on en pou,·:iit :iller placer un au centre précis de tous les :iutrcs, celui-là ne scrait-il pas au centre même <le la vérité économiqne et sociale? Parcourons ainsi tous les systemcs philosophiques, nous en :irriYerons certainement à reconnaitre· qu'il y a du nai et du faux dans chacL111d'eux, et à t:limincr de chacun d'eux cc qu'il y a de faux pour n'y retenir que ce qu'il y a de nai. Il y a du nai dans le matérialisme, car nous ne conn:iissons la nature ou l'être physique que par le témoignage des sens. Et il y a du vrai dans le spiritualisme, car nous ne connaissons l'homme ou l'être moral que par le témoignage de la conscience. Le tort du matt:rialisme, c'est de vouloir déduire la connaissance de l'homme tout entii:rc de la seule connaissance de la nature. Et le tort du spiritualisme, c'est de Youloir déduire la connaissance de l'être physique de la connaissance de l'être moral. li faut faire la synthése du matt:rialismc et du spiritualisme. ;-,T'en est-il pas :'t cet égard de l'<;mpirisme et <le l'idt:alismc exactement comme du matérialisme et du spirittulismc? li y a du nai tout à la fois dans l'empirisme et dans l'idéalisme; car, s'il est certain que nous ne connaissons la nature et l'homme, l'être physique et moral, que par l'expérience, il ne l'est pas moins que nous ne conceYons Dieu, ou l'ètre métaphysique, que par la raison. Là où l'empirisme et l'idéalisme deviennent exclusifs, c'est quand ils prétendent dt:duirc, l'un la connaissanœ de Dieu de la connaissance de la nature et de celle de l'homme, et l',mtre la connaissance de l'être physique et celle de l'être moral de la connaissance de 1'0trc métaphysique. Et, cc qu'il y a, ici encore, à faire, en bonne philosophie, c'est la synthèse de l'empirisme et de l'id.:alismc. Quand on passe de la philosophie m.:taphysiquc à la philosophie morale, on trom·c les mêmes systèmes en présence. En morale sociale, la question <le l'idéalisme et de l'empirisme s'appelle la question du socialis111c et du libù11/is111c. :'fous concilierons le socialisme et le libt:ralisme en introduisant la distinction entre la scie11ce t la politiq11e. ~fous montn:rons qu'en fait de science c'est le socialisme qui a raison, qu'en fait de poliiique c'est le lib.:ralisme. En morale sociale, la question du mat~rialisme et du spiritualisme s'appelle la question de 1'11Ji/ilaris111e et du 111orn/is111e. ;-,Tousconcilierons l'utilitarisme et le moralisme en introduisant la distinction entre l'i11d11slrie et les 111œ11rs. ;\Ous 111011-

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