La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE effrontément rompu au profit du capital, et il ne craint pas de dire que la liberté indi\'iduelle (p. 38), malgré le respect qu'cllc mérite, devra, partout où cda sera nécessaire, céder la place au principe pour le moins aussi respectable de I.t solidarité. Il est d'avis qu'il y ait un règlement international de la production du clurbon, destiné à empêcher les altcrnati\'CS de surproduction et de chômage. Il dénonce avec ,·i,·acité: les tbngers des Sociétés anonymes et, pour recréer entre om-riers et patrons des relations pacifiques et cordiales, il conseille trois choses : 10 Lïnstall,11ion de Comitls d'usines, composés exclusi,·ement d'ou\'ricrs nommés p.ir leurs camarades, et ayant pour fonctions de statuer sur les amendes, règlements d'ateliers, réclamations des travailleurs, etc. Il raconte les heureux résultats qu'a produits cette institution dans le charbonnage dont il était administr.lteur. 20 Il propose (p. 30) « de rendre obligatoires, non seulement la comparution en conciliation devant le juge de paix, mais l'arbitrage ci l'igard dl' tous h p.1/ro11ss,ans cxcepliou, lorsqu'il aura été demandé ou accepté par les ouvriers, aprés que la tent,1tivc de conciliation aura échoué, el pins parlicuWremcnt ti N,:ard d<" fouit' Soâ,!/é a11C111y111t ». Le fils de M. Émile Lcwy, un jeune ingénieur (i,·il, a dé\'doppé ces idées d.1ns le Voltair<', :\ propos du projet de loi déposé p.1r :\!. :'l!csurcur. 30 Enfin, !"auteur pousse de toutes ses forces au dé,·doppement de syndicats ounicrs (p. ,ï) : « C'est ainsi que le comprennent et le pratiquent les patrons angLtis et ils s'en trou,·cnt bien. Lorsqu'une difficulté surgit, les délégués des syndkats en Angleterre interviennent aussitôt et cherchent à l'aplanir il l'amiable. 11s n'autorisent les grèves qu'après avoir épuisé tous les moyens de conciliation, et, la grève déclarée, tout en défendant les intérêts des ouniers et en les soutenant pécuniairement, ils emploient leur influence pour maintenir l'ordre et le calme. » - Nous recommandons ces lignes à nos Rcsséguier, petits et grands. :::-.:ousommes ici de ceux qui \'Culent aller plus loin que )11_ Lewy ; qui croient indispensable, pour résoudre la question sociale, une modification profonde Ju régime actuel de la propriété. Mais ceh1 ne nous empêche nullement de saluer a\'CCsympathie l'esprit de justice et le souffle d'humanité qui animent cette intéressante brochure. GEORGES RE};ARV. * * * HE~R, ~1r~HEL, agrégé Je l'UniYersité, docteur ès lettres. - L'Idée de l'Etat (Essai critique sur l'histoire des théories sociales et politiques en France, depuis la Rérnlution). - Paris, librairie Hachette, 79, boulcYard Saint-Germain. L'on n·a pas oublié la lettre de Georges Renard aux membres du corps ensdgnant. Xotrc directeur réclamait, en faveur des idées encore hétérodoxes du socialisme, la même attention indépendante, le même respect qui sont dus il tout s~ricux effort de l'esprit humain. Et, dans son feuilleton hebdomadaire de l.t A-tilt' Ri'publiquc du -1 fi:vricr, Georges Renard constate avec satisfaction

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