CIIRO~IQüE THÉATRALE joliment dessinée. Aussitôt toute la maison est desorganisée. Le premier amant pleure d'être i:vince; le mari est dl!sO!l!de perdre ses lubitudes; la femme, clle-m.:mc, est malheureuse, parce que Raphai:l a l'inconstance naturelle à un adolescent, et elle se met à gémir déplorablement. C'est alors que le mari intcr\"Ïent, la console, la supplie de renouer aYec son premier amant, le seul Yrai, le seul bon, celui qui les rendait si heureux l'un et l'autre. Et la paune femme agit ainsi, apn:s aYoir beaucoup pleuré. On Yeut que je pleure :wcc elle, à la fin de la pi.::c..:,apr.'.s que, pcnd:mt les deux premiers actes, j'ai pris les deux pi:rson11.1ges pour de joyeuses poupées? ;\la foi non; je loue le naturel du di,1logue d l'esprit de l'auteur - pas lorsqu'il fait de méchants calembours - mais je crois qu'il fera sagement de choisir des thèses moins paradoxales et de traiter ses sujets plus franchement. GrosseFortune n'a pas laissè une impression beaucoup meilleure, quoique la pi.::ce soit exécutée aYCCinfiniment plus d'art; mais il lui manque l'entrain, le brio, l'éclat dont ;'Il. ;\kilhac a souYent p,iré des œuvres, peu importantes d'ailleurs par le fond. D.rns Raphaèl nous aYons ni le mari, la femme et l'amant; dans Crosse For/1111e, li:gcre ,·ariantc, nous ,·errons le mari, la femme et la maîtresse. Je n'ai plus grand chose à Yous en dire : Un paunc diable d'employé, au moment de se marier, hérite d'.unc fortune de quarante millions; il n'en épouse pas moins la paunc fille qu'il aimait, et les Yoil.i tous deux lancés dans b fète, dans la haute vie, faisant courir et me1unt b sotte existence de ces richards imbéciles qui n'ont pas quatre idées d,rns Li t.:te et ne saYent à quoi s'occuper, car cc sont des :imcs communes et des esprits sans grandeur. Au milieu de cette dissipation, le ménage a grand chance de ne p~s rester uni; le femme pourrait prendre un amant et k: mari une maîtresse sans que nous en fussions étonnés; mais l'auteur a ,·oulu que la femme rcst:tt pure et que !'.:poux, seul coupable, tomb.it dans ks griffes d'une coquine. Soit. L'~pouse trahie s'enfuit chez sa m~re, oü son mari Yicnt la rechercher et il n.:deYient amoureux d'elle en lui Yoyant sur le dos une robe de pensionnaire; il <kmande son pardon et l'obtient. C'est la fortune, la maudite grosse fortune qui l'a corrompu, car il n'était pas méchant de son naturel. j'ai cru, comme conclusion logique, que ;\!. ;\kilhac allait lui faire rendre ces quarante millions, qui d'ailleurs ont t'.:tt'm.: al acquis, on a pris soin de nous le dire. Pour bien faire il faudr,1it, en effet, que les millions allassent aux pauncs et qu'une loi fùt édictcc cmpèchant ces héritages accablants de Ycnir faire le malheur des bonnètes gens. C'est, en somme, une conclusion très socialiste qui se dégage de Crosse Forlrme, mais que i\l. i\kilhac n'a pas formulée. Peut-être est-il so-:i,1listc sans le savoir. Du moins son ccune proteste contre l'accumulation
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