LA REVUE SOCIALISTE des richesses dans les mêmes mains, au point de Ylie de la bonne harmonie des ménages. Je ne jurerais pas que les ménages médiocres fussent plus heureux, mais il ne me déplaît pas de YOir un bourgeois accuser la fortune au 110111 du bonheur. L'Œune aYait donné, en même temps que Rapbaël, une piécc en on acte : Srr/0111,!, qu'Oscar \\'ilde a,·ait autrefois écrite en français. C'est une sorte de mystcrc, composé a,·ec un éclat fatigant. Sarah Bernhardt a,·ait dù le jouer autrefois; on l'a don nt: éYidemment pour attirer l'attention sur l'auteur qui s'est acquis, par son triste procés, une célébrité plus grande qu'il n'en a,·ait gagné par ses ounages. Beaucoup de gens de lettres, qui apprécient en Oscar \\Tilde un homme de talent, Youdraient l'arracher aux tortures qui lui sont infligées et le faire sortir de prison. C'est cette pensée qui a amené la rcpn:sentation de Salomé, œuvre où l'excès de rhétorique ne dctruit pas le mcrite. A quoi le gouYernement anglais pourrait répondre que le talent n'est pas une excuse et que la justice doit être égale pour tous; et sur cc terrain il aurait beau jeu. Soit; mais on doit saisir l'occasion pour reprcsenter à l',\nglcterre que trop d'inhum:111ité souille encore aujourd'hui ses mœurs; que son bard labour, plus de cent ans aprcs Beccaria, déshonore ses lois répressi,·cs; que, pour punir les délits, la pri,·ation de la liberté est un châtiment pleinement suffisant; qu'il est barbare de l'aggraYer Bar des peines corporelles; que ses romanciers ont protesté depuis longtemps contre des séYérités outrées et que des lament,Hions trop effroyables s'échappent de ses geàles. La hautaine Anglctc.:rrc nous répliquerait sans doute ,k regarder cc qui se passe chez nous et de micu, surveiller Biribi, où l'on torture som·cnt des hommes qui ne sont mèmc pas coupables, mais seulement indisciplinés. Nous co11Yie11drio11aslors que les gouYernement, ne Yalent gucre mieux des deux cotés de la ~!anche et nous demanderions a,·cc plus d'énergie encore un adoucissement des mœurs. Du moins Yoici une pii:cc qui tranche sur la banalité des sujets ordinaires; ,\fouette Sa/0111011 est l'étude saisissante de la conquête de l'homme par la femme, de la destruction d'un génie d'artiste et d'un noble cœur par l'influence d'une petite bourgeoise rapace, <l'ùme si:che et d'esprit 1.:troit. Ce n'est pas une œune sociale agitant les grandes quc.:stions qui appellent l'attention des penseurs et l'examen des réformateurs. M. de Goncourt, qui croit peu au progrcs, ne s'intéresse guère au mouYerncnt d'idées qui fait l'angoisse de cc temps troublé. Il n'a pas apporté la contribution de son intelligence à la marche en ayant qui nous entraine. En reYanchc, il applique d'une façon remarquable son talent d'observation aigui: aux drames intimes qui nous boulc\'crsent; il peint aYcc une exactitude précise le tableau
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