La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA RE\"IJE SOCIALISTE D'autres orateurs - tout cc que le Sénat compte encore de Manchestcriens - ont brode sur le m6me thème, et l'on peut n!sumcr comme suit les critiques qu'ils ont formulées : r0 Le ministre a fait trois circulaires en six jours, cc qui dénote une tendance déplorable à tout n'.:glcmcntcr; 20 Ces circulaires semblent s'occuper plutôt des griefs des ouniers contre les patrons, que des griefs des patrons contre les ouniers • 3° Les inspecteurs n'ont pas le droit de conseilk1: aux ouniers de se faire affilier à des Sociétés de préYoyancc, parce que certaines de ces Sociétés ont une couleur politique et sont dirigées par des prêtres ; -1° En demandant aux industriels l'autorisation de faire connaitre aux ouniers, par Yoie d'affiche, les jours et heures ou ils seraient chez eux pour receYoir des rcclamations, les inspecteurs du tra,·ail encouragent l.1délation et froissent, dans leurs sentiments les plus intimes, lt:s scnsitiœs de l'industrie. Cn seul des opposants a eu la franchise de reconnaître que, dans les circulaires du ministre, il n'y a pas de quoi fouetter un chat, et que la campagne dirigt'.:e contre lui par les industriels aYait surtout pour but de réagir contre ses tendances inten·cntionnistes. ~!. ]\yssens, mollement appuyl par certains membres de la droite, chaudement félicité par quelques autres et surtout par les socialistes, a répondu clairement et nettement. Il n'a pas eu de peine à montrer que la Belgique, qui était, il y a quelques mois encore, à la queue des nations industrielles, au point de vue de l'inspection du traYail, restait encore, pour les scnsltlYcs capitalistes, un habitat beaucoup plus fayorablc que les pays d'alentour. Et, s'attachant surtout :\ démontrer la nécessité qu'il y a pour les inspecteurs à entrer en relations ayec les ouniers, autrement qu'à l'usine, il a cité le fait suiv,mt, qui n'a pas laisse de faire impression sur le Senat : « J'ai attachl - a-t-il dit - a l'administration centrale de l'inspection du travail un médecin chargé de s'occuper particuli~- remcnt des questions d'hygii::nc. Des son entrt:e en fonctions, je l'ai chargé d'étudier aœc la plus grande attention un fait qui m'avait été signalé par un mcdccin <leBruxelles, à sarnir qu'on fait emploi, dans certains établissements, de sulfure de carbone, dans des conditions telles que nombre d'ounières et <l'ounicrs sont frcqm:mmcnt intoxi,1ués. « Cc matin même, l'inspecteur est YC11.u me dire qu'il avait,

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