La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

L'I~SPECTIO:-l DU TRA\'AIJ. EN BELGIQUE 323 Il se tiendra chez lui à la disposition des ouniers, le ... entre ... et ... heures du soir. La circulaire enjoint aux inspecteurs de demander, à titre officieux, aux industriels l'affichage de cet aYis, aucune disposition légale ou réglementaire ne permettant jusqu'ici de l'exiger. Quand on compare ces injonctions aux conseils de modération excessive, que M. de Bruyn donnait jadis à ses fonctionnaires, on se rend compte 'lu'un esprit nouYcau règne au minist<:re de l'industrie et du traYail. Pour la premicre fois, en Belgique, on a Yu, depuis que l\l. Nyssens est entré au minist.:rc, des fonctionnaires du gouYernemcnt assister officiellement aux congrès ounicrs, fussent-ils socialistes, et en faire des comptes rendus impartiaux et fidèles. Aussi, le nouveau ministre du traYail est-il, et sera-t-il, de plus en plus, attaqué par les conscn·ateurs, qu'il Ycut protéger contre l'cnYahisscment du socialisme, en accordant aux ouvriers une partie de leurs rcYcndications. En revanche, s'il persé,·cre dans l'attitude qu'il a prise, peut-il compter sur l'appui des socialistes, qui sa,·cnt bien qu'une concession en entraine une autre, et que, plus la condition du prolétariat s'améliore, plus grande est son énergie à réclamer des améliorations nouYclles. * * * Les circulaires de M. Nyssens, ministre de l'industrie et du traYail, relatiYes à l'inspection des fabriques ont eu récemment les honneurs d'un débat parlementaire. Comme il ne se trom·ait personne à la Chambre des représentants pour prendre l'initiatiYc de l'attaque, c'est un sénateur catholique de Gand, M. Vcrcruyssc, qui s'est chargé d'attacher le grelot. A la séance du 19 décembre 1895, faisant à peine allusion aux circulaires qui scn·aicnt de prétexte à son interpellation, il s'en est pris surtont aux tendances du ministre, prédisant au gouYcrnement les éventualités les plus sombres, s'il s'engageait plus a\'.ant dans les voies de la réglementation industrielle. « N'oublions pas - a-t-il dit - que l'industrie est une scnsitiYe, qu'elle ressemble au crédit, qui ne rcYicnt plus quand il est perdu; qu'elle ne pousse et ne prospère que là où clic n'est pas contrarit'.:c. Elle réclamera, clic protestera, clic se dt!fcndra, mais ce qu'il y aurait de pis, c'est qu'elle ne se retire peu à peu. Ne sa,·ons-nous pas que les maisons de \'crYiers créent des succursales en Allemagne, comme celles des Flandres et du Hainaut en créent en France ? "

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