La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

322 _________ L_A_R_E_,,_·u_E_•_s_o_c_r_A_L_rs_T_E _ _ __ _ Il n'est pas douteux que la fondation du ministi:re du traYail ne soit le prélude de modifications plus ou moins importantes ,bns notre l<'.:gislationsociale. D<'.:jàle nouYeau ministre a déposé, sur le bureau de b Chambre, un projet de loi sur les réglcmcnts d'ateliers. Les lois sur les syndicats professionnels et la réglementation du traYail des adultes ne tarderont pas, sans doute, à être mises à l'ordre du jour. L'Office du tra,·ail s'occupe actiYcment de la question de l'assurance obligatoire. Bref, les partisans du socialisme d'État - comme Yaccine du socialisme - iront aussi loin que le leur permettra la majorité dont ils d<'.:pendcnt. Je dois ajouter que, vraisemblablement, ils se heurteront à de Yi,·es résistances. Les conscn·ateurs ne demandent pas mieux que de \'Oter des lois ouvrières, mais à condition qu'elles ne gênent pas les industriels et qu'elles ne gri:vcnt pas sérieusement le budget de l'État. Dès à présent, l'attitude du nouveau ministre souléYc des plaintes assez Yivcs dans le monde industriel. Les journaux de l'opposition lib<'.:ralc conserrntricc se plaignent amèrement de cc que les lois sociales commencent à être s<'.:rieusement appliqu<'.:es, et l'on raconte que les collcgues de i\l. :--:!yssens se prennent à trouYer que le ministi:r~ du travail dcYient par trop agissant. Le prétexte à tout cc tapage, cc sont deux circulaires, dont il co1wicnt de féliciter le ministre du traYail, tout en se demandant comment des mesures aussi anodines peu\'(!llt soulrvcr pareille opposition. L'une d'elles engage les fonctionnaires de l'inspection à compl<'.:terks données des formulaires prescrits, par de fréquents rapports manuscrits, faisant part, au ministre, des obsen·ations int<'.:ressantes qui leur seront suggérées par leurs Yisitcs dans les établissements. L'autre - en date du 31 juillet 1895 - constate « qu'il n'y a guère actuelkment - et encore dans une mesure limitée - que les industriels patrons et gérants qui aient des rapports directs aYec l'inspecteur ou le délcgu<'.:. Les ouniers ne le connaissent généralement que pour l'a,·oir ,·u circuler dans l'éta6lisscment dans l'exercice de ses fonctions ; ils ignorent son nom et son adresse, souYent mèmc sa qualité. « Ils n'osent SOLl\'CtHpas aborder publiquement l'inspecteur lors Je sa ,·isitc dans l'établissement et prdèrcnt s'abstenir de s'adresser à lui. » Dans le but de remédier à cet état de choses, le ministre du travail a fait imprimer des a\'is ainsi conçus : Le fonctionnaire chargé de l'inspection du tra\'ail dans cet ét.iblissement, est ~1. (nom et adresse).

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==