LA RE\'UE SOCIALISTE pourrait-il pas prendre quelques précautions pour empêcher le drainage des ressources financières du pays? On répondra que ks sages aYis n'ont pas manqué à l'épargne françai~e. La presse, en effet, prise dans son ensemble n'a,·ait pas 1:té éclairce par les mêmes arguments persuasifs qui la touchent d'onlinaire. Elle n'a,·ait pas les mêmes motifs de dire unanimement du bien des mines d'or, comme clic en a,·ait dit des co1wentions ges chemins de fer, ou des écluses de Panama. Elle a ignoré les bonnes affaires du TransYaal, qui se passaient de son concours, et s'est retournée systématiquement contre elles, aYec fureur, comme les chiens aboient à la lune, proie hors d'atteinte. La cause est entendue à demi-mot par ceux qui sa\'Cnt comment et de quoi Yi\'ent la plupart des journaux. Dans la presse française, on ne recommande généralement que les mines dont l'existence est encore à l'état de problème algébrique à plusieurs inconnues. Lorsqu'une valeur minière du Trans\'aal est introduite sur le marché de Paris, il y a beaucoup à parier qu'elle a atteint le maximum de hausse raisonnable. Les marchés de Londres et de Johannesburg sawnt conscn·er les actions dont la marge de plus-Yaluc n'est pas encore rognée. Les bonnes affaires restées entre les mains des Anglais se p,1sscnt Yolontic.:rsdes réclames de la presse parisienne. La méfiance denait être la régie chez nous, quand une Compagnie étrangère promène dans nos foires l'ours ou le rossignol qu'elle n'a pas su faire danser ou chanter ailleurs. Les bulletins financiers de la presse départementale sont, pour la plupart, de Yeritablcs coupe-gorges; ils organisent le pillage cffronto'.: de tous les petits épargnants qui se laissent séduire par des mensonges savamment réitérés. Il est vrai que, tout en laissant passer le torrent des nuisances du régime capitaliste, le gouvernement a essayé d'en canaliser le cours par la publication des rapports officiels demandés au consul de France à Pretoria. Malhcmeusement, les rapports fameux de l\l. Aubert, d'intention si louable, ont laissé systématiquement dans l'ombre tous les points obscurs de la question. L'agent consulaire de France a scrYi, lui aussi, sans le Youloir les manœuncs criminelles de l'agiotage. Il a parlé de toutes les mines d'or en généralisant les résultats acquis et en ne disant la Yérité sur aucune. M. Aubert a capitalisé le chiffre fantastique de tous les papiers mis en circulation pendant ces dernie~es années, pour le mettre en regard du total des reYcnus distribués. Le public français ne s'est pas arrêté aux aYis du consul de francc à Pretoria, parce que ses critiques, très justes au fond pour les entreprises douteuses, n'6taicnt pas équitables pour celles que l'on saYait bonnes. Et l'acheteur au comptant, la seule victime intéressante des
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