L'AGIOTAGE SUR LES )!INES D'OR Au mois de no\'embrc, tandis que la diplomatie, assemblant les escadres près des Dardanelles, sembbit dernir rounir l:i question d'Orient, en pleine crise de spéculation sur les mines d'or, une nouvelle qu'on disait càblce de Johannesburg annonçait que les essais de broy.ige du premier minerai retire des mines à niveau profond (Decp levl'!) anient donne des rcsultats déce,·ants. Sur cette nouYelle, les actions d'une Comjilagnie de premier ordre dégringolerent en une seule sbnce du Stock-Exchange, à Londres, de 3r livres sterling :i 22 lincs. L'action avait atteint, quelques jours auparavant, le cours de ➔ 5 liHcs (r 125 francs). La nouYelle fut démentie le surlendemain. Lorsque de pareils coups s'opèrent impunement sur les titres les mieux cotés, on comprend à quelles inYraisemblables variations sont soumises les nleurs plus douteuses. Pourquoi laisser impunis ceux qui faussent par de tels moyens le jeu de la spéculation? Qui oserait prendre publiquement la défense des coquins qui répandent ces bruits coupables? Quelques poursuites judiciaires, suivies de condamnations inexorables, donneraient ,i réfléchir aux agioteurs qui aiment trop la pi:che en eau trouble. Pourquoi le gouYernement ne prendrait-il p:1s l'initiatiYe d'un enYoi d'ingénieurs et de commis de finance dans les contrées de l'Afrique du Sud, afin de fournir au public français quelques renseignements exacts sur les affaires sud-africaines et sur les mines pour l'exploitation desquelles on fait appel à l'épargne nationale? L'Erat défend les particuliers contre l'entreprise d'un simple filou qui co1woite le porte-monnaie du voisin : pourquoi accorder l'immunité aux agioteurs dont les manœunes fr:rnduleuses poursuivent cyniquement le but d'extorquer les économies de milliers de citoyens? Le gouvernement deHait prohiber l'introduction sur le marché français de toute valeur industrielle dont le fond n'aurait pas ete l'objet d'un rapport qui présente des garanties de sincérité parfaite. Les individualistes, gardiens jaloux de la liberte de voler le paunc monde, prétendent que le soin de fournir au public des renseignements sur telle ou telle affaire industrielle ne saurait constituer une attribution de l'État, qui encourrait les responsabilitcs les plus gra,·es en cas de mécompte. Le Parlement 11'apas hésité pourtant à compromettre l'État dans des entreprises priv1:es, comme le percement de l'isthme de Panama. La garantie d'un minimum d'intérêt, donnée par l'État sous prétexte d'utilité publique, n'est-elle pas souYent accordé:e à des entreprises de chemins de fer dirigées par de Yéritables Aibusticrs? Pourquoi écarter l' inten·ention désintéressée et irresponsable de l'État, lorsqu'il s'agit de préserYer l'épargne nationale des picges grossièrement tendus? Pourquoi le gouYernement de la République ne
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