La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE qu'il m: s'en produira plus. Cc qu'il est permis <l'avancer avec quelque con, iction raisonnée, mais sans l'assurance <les prophctcs, c'est que, si l'on ,1ssistait a un nouveau krack temporaire des mêmes nleurs in<lustridlcs, la débâcle ne peut pas être définitin::. La première crise sévit au Cap en 1882, lors de l'effondrement des mines <lediamant qui étaient travaillées à ciel ouvert. Les ouvrages s'ccroulèrcnt et furent détruits d'un seul coup. L'exploitation diaman- , tifi:rc fut suspendue pour longtemps. L'action <le fü:er's ancienne, qui ,·aL1it alors 250 francs, et qui, dédoublée, vaut aujourd'hui Je 6 a 800 francs, revint à 2 5 francs, prix de l'émission. La seconde crise eut lieu après la découverte de la mine fameuse de Sheb,1, don~ la richesse fit tourner la tt:tc de tons ks colons de !'.\trique du Sud. L'engouement fut très vif et de courte durèc : un ,ùit,1blc feu de paille. Une panique générale tua le crédit et la démoralisation fut complète; car, il faut des capitaux patients et de longs labeurs pour tirer le premier revenu <k b mine d'or la plus authentique. l:n mars 1888, l'industrie diamantifère provoqua une troisième crise. Les Compagnies <lu diamant fusionnaient ou se syndiquaient. Cl1,1quc combinaison capitaliste était saluée par un bond vers le ciel <ks :1ctions amalgamées. La spéculation s'était lancée trop en a,·ant, aussi bien sur les valeurs <lediamant que sur les mines d'or du district tr.111sv,1alien<ltè\Vitwatersrand, où l'on se bousculait pour démarquer des cbims. Il se produisit alors dans les banques locales du Cap et de Johannesburg cc que l'on a remarqué au mois <l'octobre dernier sur ks march<'.s de Londres et de Paris. Les banques qui a,·aicnt lancé à toute vapeur le train de la spéculation firent fonctionner brusquement les frcim d'arrêt. Tous les capitaux disponibles se trouvant engages dans des a,·ances sur les titres des mines, le marché fut ctranglé au premier cri d'alarme. Les voitures télescopi:rcnt. Cc fut une bouillie générale. Cc:s di:bàclcs successi\'cs ne calmaient pas la spéculation. La troisième crise n'était pas restée localisée dans l'Afrique du Sud; elle avait eu son contre-coup en Europe, où les nlcurs diamantifères avait:nt <kj,1trouYé une nombreuse client<'.:l.::s,urtout a Londres. On s'imaginait que la crise serait longue. Dès le mois d'août de la même ann<'.e1888, la sp<'.culation se remettait en route en chauffant les machines sans souci du prochain déraillement. Cc fut un « boom ", scion l'expression anglaise, tel que le monde n'en a\'ait jamais vu. Les hommes compétents l'avaient annonct'.:. Le marche fut en délire pour les valeurs de dianunt, et en delirium tremens pour les mines d'or. En moins de six mois, certaines valeurs aurifères acquirent des plus-Yalucs de dix, <le vingt, de cinquante fois leur prix d't':mission, et même de leur

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