La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

L'AGIOTAGE SCR LES MIXES D'OR 295 c:ipital nominal dont le premier penny n'aYait pas été ,·erse. Des Comp:ignic:s nom·ellcs furent créées, par centaines, sans études prblablcs, ni, quelquefois, sans delimitation pn'.cise des claims qu'elles auraient pu poss.'.:dcr.. \lors, comme aujourd'hui encore, des spéculateurs sans Ycrgogne Youlurent profiter des résultats acquis sur des mines en exploitation réelle pour lancer des entreprises réputées similaires et n'aya'.1t aucune base sérieuse. Les mêmes causes ramènent inYariablement l~s mêmes effc,s. Les banques, surchargées d'engagcrnents, coupércnt tout d'un coup les crédits au mois de février 1889. Une baisse aussi déraisonnable que h hausse organisa la panique, et fit écrabouiller tout, bons et mauvais titres. Les Sociétés de crédit prirent Yitc goùt à l'exercice qui consiste à lancer en ayant toutes leurs troupes et ,i tir.:r Lkssus au fort de la mêlée. Cc n'est peut-être pas d'une loyauté cxccssi,·e, mais c'est très lucratif pour les Sociétés de crédit, sinon pour leur clientèle. i\bis cette quatriemc crise dcYait encore être passagère. La spcculation étrillée par les mines d'or suiYit la Yogue qui allait, à cc moment, Yers les explorations et les opérations fabuleuses de M. Cecil Rhodes, l'awnturicr anglo-saxon qui rappelle les Fernand Cortez et les frcrcs Pizarre, le mineur aux mains calleuses dcYcnu ministre de la reine d'.:\nglcterre, l'àme de la grande Compagnie anglaise du Sud de l'Afrique la celt'.!bre Clmrlerrd. Les pbHisiens de Londres étaient jaloux des lauriers remportés par leurs hardis confrcres afric:lins. Chaque matin, des Compagnies nou,·clles apparaissaient et remplissaient d'annonces mirifiques les quatrii:mes pages des journaux angl:iis. Les apports des promoteurs de chaque entreprise s'é,·aluaient à des prix fantastiques. Le marché fut inondé par un d(:lugc ,le titres, i1wendables dès le lendemain de leur cr(:ation .. \joutez ;i la Yalcur Je ces innocentes émissions de papier, les primes honnêtes préle,·.:cs par les intermédiaires, et l'on peut se faire une idée de l'argent soutiré au bon public des trois royaumes unis. L'agiotage a,·ait attribué même aux meilleures entreprises minières une Yaleur hors de proportion aYec le résultat qu'il eût été raisonnable d'espérer apr(:s plusieurs ann(:es de dé,·eloppement. Une simple éYcntualité, qui ne figurait pas au programme des prb·isions, scrYit de prétexte à la haute banque de Londres pour souleYcr la tempête imminente. La sécheresse désolait le Transnal ; il n'y a plus d'herbes pour les animaux employés aux charrois, ni plus d'eau pour le traitement du minerai. Le prix des denrées triple et quadruple à Johannesburg. Les ounicrs cafres désertent les mi11es. Les salaires montent. Les batteries s'arrêtent faute de charbon. La population oisiYc ne Yi,·ant que de jeu, obligée de se créer des ressources de subsistance, liquide

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