L'IDEALISME SOCIAL 277 seulement pour les csclaYcs de l'arbitraire organique, qui est l'autoritc, et de l'arbitraire inorganique, qui est la licence) domine touti:s ses combinaisons sociologiques idbles: l'homme peut devenir le directeur et l'utilisateur de ses passions, il peut se gouverner lui-méme, il le doit : voilà pour l'ordre. C'est dans les conditions matérielles du bienêtre qu'il trouve les moyens de se mouvoir de manicrc à satisfaire complctemcnt ses besoins et ses passions : voilà pour la libcrti:. Comment établira-t-il cet accord? Tout homme est, scion lui, supfaicur aux autres dans une branche quelconque de l'activité humaine. Tel est meilleur gcometrc, et tel meilleur danseur. Loin de rcpugncr aux hiérarchies, Fourier les multiplie, afin que chacun y trouve la sanction de sa primauti: dans le genre où il excelle et Oll, par voie de consi:- qucncc, il donne à l'humaniti: son maximum d'utilité. Il en crcc, de ces hiérarchies, autant qu'il peut imaginer de modes de l'action et de la pensi:e. Les ambitions les plus di:rcglées, les plus dangereuses naguere pour l'ordre et la paix de la comrnunautc, sont par lui ainsi satisfaites en même temps qu'accordées. Il laisse au pape sa tiare et couronne le marmiton deYenu un saY:rnt hygiéniste, sous le nom de gastrosophe. Le bàton d'un chef de musique ne s'oppose pas au sceptre d'un monarque et ne lui est pas inférieur. ~c sourions pas : il y a Li une image :i la fois poétique et saisissante de la diversité dans l'égalité. A l'aYenir de dcrnontrer que cette leçon n'aura point été perdue. \·11. - Par ce que l'utopie a pu donner, au temps où les sciences sociales se cherchaient encore, on peut imaginer cc que donnerait l'idt:alismc social qui aurait pour base solide l'ensemble des phénomcnes sociaux observés, classi'.:s et finalement rattachés les uns aux autres par une vue philosophique. Cc prolongement en esprit des réalités sociales actuelks serait fructueux, à la condition d'C::trcéclairé par la thforie de l'<:Yolution, qui est aujourd'hui l'hypothcsc la plus satisfaisante, et scn·i par une méthode rigoureusement scientifique. Cc serait, dira-t-on, rc1woycr les rêYeurs à l'école. Certes, mais a l'école des faits qui seuls peuvent alimenter le rê\"e et le féconder. Appelons toutes ces sciences à former notre idéal. Plus clics y auront contribué, plus nous aurons de chances qu'il soit conforme à la réalité de demain. On sait aujourd'hui que nul phénom.::nc social n'est isolé, que nulle institution sociale n'holue a part. ~os croyances et nos mœurs, notre industrie et nos arts, nos conflits de classes, de nations et de races, nos codes forment un tout dont chacune des parties se rattache aux autres et en dépend plus ou moins étroitement. Telle décou,·crte gfograpbique entraine des conséquences économiques, lcsqnclles entrainent à lem tour des conséquences politiques, morales et sociales. Encore qu'il faille se défier des comparaisons, on peut dire avec
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