LA REVt:E SOCIALISTE L'hununitc n'ccoute et ne suit que ceux qui cmanent directement d'elle, lui ressemblent, synthctiscnt sa manière actuelle d'étrc, de sentir, de désirer, expriment en \·ou loirs pr.'.:cisles sentiments et méme les sensations qu'elle éproU\'e. Il arriYe ainsi, bien souYent, qu'elle prend pour guides et poùr chefs des gens qui ne la traduisent et ne la scrl"(.:ntqu'un court moment et la desservent et la trahissent ensuite. Trop souYent son libérateur dc\·icnt son maitre. Trop som·ent clic dccerne des couronnes au bouffon et traine un héros aux gcmonics. Jamais clic n'accord.: sa confiance à ceux qui ne lui sont pas contemporains et de\·ancent leur temps. Elle les mcconnaît ou les persécute, mais leur régne Yiendra quand sera née la gcneration à laquelle ils s'adressaient. DoiYent-ils pour cela renoncer? Au contraire. Outre qu'ils ne le pourraient, les Yéritcs d'ordre 0lc\·c donnant une trop pure joie à ceux qui ont la chance d't.:n ctrc les interpr.'.:tcs, ils saYcnt que leur C\"OCationde l'ayenir n'est pas inutile au prcscnt, qu'elle n'a pas seulement la nleur d'une platonique annonciation, mais qu'elle peut hàter l'é\·énemcnt prén1. .\ mesure que la conscience gcncrale s'tYcille dans un plus grand nombre d'esprits, l'humanitc acccLk de plus en plus aux \"Otiloirs dcti:rminateurs de sa propre destinée. Ce ne sont plus alors seulement, comme aux :iges d'insouciance, les transformations gcologiques, climatériqu~s et nutritin:s qui n:glent son c\·olution : la pensée acquise aide son industrie, en intensifie les efforts, en multiplie les effets utiles; elle rc:alise l'idéal \"Oulu : parce que, dans cet ctat de conscience, l'idéal perd son caracterc chimfaique et arbitraire; il prend pour point de d0part les réalités mi.:ux connues et judicieusement combinccs en synthè:se; en cet état de conscience, la Yolont6 est niellement de l'action en puissance, l'homme ayant rapproche, les connaissant mieux, ces deux termes : le Youloir et le pouYoir. Il se produit ainsi un échange incessant. Les faits obscn·és, connus, classés, créent l'idée, qui,;\ son tour, agit sur eux aYec d'autant plus de force qu'elle connait leur relation entre eux et a pt'.:nétrc le sens de leur c\'olution. En présence d'un tel idbl : préYoir notre destin et contribuer ;\ le rcaliscr, nous pouYons sans regret laisser proYisoirement le dcYcnir cosmique et le devenir uniYcrscl aux cogitations ,les métaphysiciens de l'école, de m1:me que nous leur avons abandonné sans n.:tour k dc\"cnir indiYiducl. :fous pouYons les laisser n'.:\·cr des prolongements, que d'aillc.:urs ils n'apportent pas, au pariage abondant des philosophies mortes. Ils peu\'Cnt .:<lifter des ombres de rèYes sur des nuages de songcs. Si haut qu'ils croient alkr, le télescope ironique du pn:micr obserYatoirc \'Cnu saura leur e1woycr l'expression de l'indifférence générale pour leurs stériles traYaux. Qu~nd la connaissance enfin achc\'éc de !'infiniment petit permettra à la science d'aborder cdlc de
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