LA RE\,;E SOCIALISTE extérieur. et par conséquent de la parcelle de ce monde qu'il croit s'ètre appropri.:c. \"ous parlc-t-il au contraire de YOus, des YÔtn:s, puis de la politique, des i1wcntio11s et <lécou,·ertcs récentes, d'industrie, d'art, vous sa,·ez que vous ayez affaire :i u11 homme susceptible de contenir dans son cen·eau une part plus ou moins grande du monde extéric.:ur, et par conséquent de sa propre pcrso11naliti'.:.Dans le premier cas, il ne con11ait mèmc pas s011pri'.:tendu <loma111e,il ne possède pas sa propre conscie11cc; tandis que, dans le second, il possO::deen esprit cc qu'il co1111ait. L'homme conscient, en dépit de la grossière apparence, possède do1\c une in<li,·idualité plus affirmi'.:c et plus autonome que cdui qui est esclavé ck son ig11or.111ce. Celui-ci, en cffot, est ni'.:ccss.1iremcnt livri'.: sans défense :i toutes les erreurs <le son jugcmént imparfait. Les lois de la natun.: lui étant i11con11ues, il croir,1 aux cffi:ts sans causé, aux miracles; rapportant tout ,\ lui-même, il né pourra mettre en domc sa propre éternité et il se forgera pour le tunps J'aprO::s sa mort des félicit.'.:s ,\ la mesure Je ses instincts et de ses sentiments. li 11e s\:lèvera même pas, par la bonté, jusqu'ci la moraliti'.: <le saint François d'.\ssisc, qui 11e pouvait admettre l'éternité de l'enfer. Poun·u que sa place au paradis lui soit assurée, .\ lui et :i ceux <le son tout petit cercle <le solidaritc, l'enfer peut flamber le reste de l'humanité sans qu'il en prenne souci. Si on lui disait : « li y a un paradis, mais tu n'y entreras jamais n, il nierait l'cxistcncc th: cc p,tradis et, retournant au matcrialisme animal de ses ancètrLs, il demanderait qu'on mit à manger et à boire dans sa tombe et qu'on y engloutit tous ses biens avec lui. Celui-1.\, au contraire, s'il Joute <le la réalitc <les dogmes et dcs philosophies qui lui promettent la surYie, mème s'il ne peut croire que la pensée surYi\"e à la destruction du ccrYeau et que l'indh·idu puisse sentir et désirer alors qu'il ne possédc plus d'organes et n'existe plus méme a l'état <l'in<liYidu, celui-là a l.1 résignation plus facile. Conscicnt de la solidarité qui le lie ,i l'cspccc, il ,·eut laisser trace de son passagc par un bienfait. li ne se satisfait pas de la seule satisfaction de ses sens. Le ccrYeau étant, chez lui, plus dé,·cloppé qu'eux, il cherche de prcfércncc les satisfactions cérébrales et, comme cc <lc,·eloppemcnt k porte à songer à l'espèce plus qu':i s,1 propre personne, c'est dans ks satisfactions de l'cspO::cequ'il troUYé les siennes propres. En une 111111iérci,l ne renonce pas à la sun·ie. Il la transforme et l'épure .. \u heu de se survinc dans un bonheur cgoïstc, qu'il se sentir,1it d'ailleurs inc.1pahle de goL1tcr, il se sun·it dans l'cspccc enrichie de Li part de bonheur qu'il aura contribué à lui procurer. Ccue penscc, qui lui a donné um: règle de Yic oü le Je,·oir a trouYé en soi ses récompenses, suffit à lui rendre très doux le passage de la ,•ie à la mort.
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