L01DÉALISME SOCIAL notre manière d'ètrc, prenons-en ce qui nous sert et rejetons le reste. La société périra! dit-on. Bah! clic durera toujours autant que nous. Que nos neveux se débrouillent. Quel droit ont-ils à notre sollicitude, puisqu'au regard de la nature le droit n'existe pas! Tel est le langage que prêtent aux incroyants les politiques des dogmes religieux pour qui la divinité est une sorte de gendarmerie. La réplique est naimcnt trop facile, et si les zl'.:bteurs des religions n'ont que cc motif pour les retenir eux-mêmes sur la pente de l'incroyance génér,1le, ils ont bien tort de ne pas venir renforcer les rangs de la libre pensée. Si les religions sont un frein aux appétits et aux violences des primitifs, pourquoi la statistique criminelle est-ellc plus élevée dans les régions rl'.:trogradcs de la France, qui sont en même temps celles oü la religion a le plus d'empire, que dans les régions plus éclairées? Pourquoi donc, dans l'histoire, rdc,·e-t-on de \"éritablcs périodes criminelles, qui sont en mème temps celles où Li foi religieuse était la plus ardente? La science découHe chaque jour que la moralitl'.: et la criminalitê sont le résultat de l'inculture ou de la régression partielle du ccrn:au. Sauf excitation, fn:nésie, folie passagère par contagion, les foules sont incapables de crime et encore plus incapables, pris individuellement, l'immense majorité des indi\·idus qui composent cette foule. La sociologie nous apprend Je son côté que, le cercle de solidarité de l'homme primitif .'.:tant plus restreint que le cercle de solidarité du dvilisé, la trahison et le meurtre coùteront moins :i. celui-ci qu\i ccluiLi. .\li:mc, si le meurtre ou la trahison est commis au détriment d'un étranger - et est l'.:tranger quiconque n'appartient pas :i. la tribu, qui, quelquefois, se compose d'une douzaine Je membres - cc sera une action méritoire dont le primitif se vantera hautement. :--:c faisons, d'ailleurs, pas sonner trop haut notre supl'.:riorité sur le primitif: notre cercle Je solidarité est encore très restreint et une guerre, le restrc.:ignant davantage, peut nous faire une \'ertu du meurtre de notre semblable. De cc que chacun de nous est condamné par la nature ,i disparaîtrc, il ne s'ensuit pas que l'humanité disparaisse avec nous. Incessamment renouwlée par la mort et la naissance des inJiviJus épht'.:m.:rcs qui la composent, clic n'en forme pas moins un tout vivant et agissant, une sorte d'être réel, que nous contenons d'autant plus en nous p,1r l'intelligence que nous le connaissons mieux. Connaitn:, en effet, c'est posséder en esprit. On juge du degré de culture d'un homme :i. sa convers,1tio11 : \'ous parlc-t-il de sa femme, de son chien, de sa maison, de sa santé; se fait-il le centre de l'uniYers et n'admet-il dans son cosmos rêduit que cc qui est lui, lui appartient ou le touche, YOus êtes fixé. ,·ous ,1w~ en face de \'OUS un primitif qui n'a pas encore pris conscience du mondt:
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