La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

U RE\"VE SOCIALISTE débile. ou plutôt enfantin. De telles conceptions arbitraires Yicnncnt de l'inc.1pacité de relier ensemble l'effet et la cause. Ces animaux ét,1icnt les instruments du miracle, de la magic, de la sorcellerie; ces désordn.!s de l'im.1gination prouYent-ils quelque chose contre l'imagination' D'.1illeurs, ces monstres n'étaient pas en cux-mémes un produit de l'inn:ntion ignorante des foules, nuis Yivaicnt par une tradition déformée, ;1 mesure qu'elle se transmettait. Des monstres aussi biz.1rres a,·,1ient existé d.1ns la p~riode quaternaire, et les traditions orales en ,1,·.1ientgardé le souycnir, y ajoutant et en retranchant scion le c.1pricc Jcs im.1gin.ttions déréglées. S.lint Jean et les imagiers du moven .îgc n'étaient donc que les traducteurs d'un<: tradition qui s'était faus~ée en se transmett.rnt à tra,·ers une longue série de génér,nions inc.tpJbks d'aller ,i l.1prcuYc et de discerner le possible de l'impossible, le n:el de l'irréel. Il si.:mble que l'humanité ait été condamnée ,i marcher Yers ses destinées, tout en tenant ses regards attachés YCrscc qui fut et qu'ainsi se soit formé le lien qui r,1ttache k passé à l'an:nir. SouYcnt, pour ne p.1s Jin: toujours, dcs innoY,ttions n'ont eu de faYeur auprès Liu peuple qu'en se pn':so.:ntantcomme des retours .i ,l'antiques usages. C'est l'histoiro.:de toutes les hércsies chrctiennes, qu'on Yoit s'attacher les foules en pn:tend.111tr.:monter ,i l.1 source du christianisme. Pour so.:donner plus d'antiquité et, par Li, plus de noblesse, nombre de sectes, surtout en .\mérique, en sont ,-cnues ,i relc:guer l'É,·angilc au sewnd plan et .i chercher leurs inspirations m.1itro.:ssesd.111sl'.\ncien Testament. Et remarquez, admin.:z comme cc qui sembk un n.:tour, une rcprésentation du symbolique serpent qui se mor,I la queue, est en réalité un retour en agrandisscml:nt, en spirale, et comme jamais l'humanité, tout en paraissant remonter ;\ ses sources, ne fait qu'y puiser les moyens Je s'en éloigner da,·ant,1ge : Les puritains de Cromwdl et de l.1,oun:lle-.\ngleterre cherchent dans la Bible l'idéal républicain, qui nous reYiendra formulé dans la déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen. D.1ns quel chapitn: de la Bible les puritains, qui réduisent le prêtre à son minimum d'inAucncc, non seulement sociale, mais encore s,1cerdot.1lc, prenrn.:nt-ils leur républicanisme? D.tns le chapitre du line de Samuel, où les théocrates protestent a,·cc unt de force contre l'établissement d'une royauté qui les relègue au second rang. Les hommes de Lt Ré,,olution française croient imiter Rome et Sparte, et c.:pcn,l.mt un de leurs pn.:miers actes est l'abolition de l'csclaYagc, cc qui eùt bien étonné les héros de Plutarque, dont on pensait a,·oir emprunté les idées en mème temps que les noms. On peut dire, s.111shardiesse, que l'idéal est une espérance faite dc souYcnirs. On conçoit alors que l'a,·enir soit formé de la combinaison du passé et du présent. L'esprit humain n'inYente ni ne crée.

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