La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

L' IDÉALIS~!E SOC!A L Croit-on qu'à celle-ci, qui s'i:lt'.:n: au nin:au des plus intelligents et cks m<:illeurs, l'amant, la cuisine, le confessionnal ou le rom.111• feuilleton suffira? Croit-on que, si fotigul'.:e qu'elle soit par un traYail quotidien Je douze· heures, ccllc-1,\ abdique son droit <le penser et d',1g1r en pi:rsonnc indépendante? Cc n'est plus seukrnent comnic épouses d wmmc m6rcs qu'elles maudissent la guem; et jettent des paroles di: paix et <le raison sur l'humeur belliqucusc des hommes, mais parce qu'elles commencent;\ contenir <l,rns leur cen-cau une part <le Li conscience sociale. Leur misère et leur scrYitudc, fussent-clics riches et adulées, éclatent à leurs yeux et clics Yculcnt Yinc d'une autrL' Yic. Les rcYoltccs <l'lbscn ne sont pas une inwntion littéraire. Elles représentent une aYant-gardc de la moitié de l'humanit.'. a,pir.1nt ;\ Li Yic complctc, et clics ne Yculcnt plus entendre nos mensonges intén:ssi:s. li faut que les hommes, en tant qu'indiYidus, se résignent à n'ètre plus tout l'idbl pour les femmes. JI est brisé, le jouet qui lcs fit tant souffrir, comme nous-mêm..:s souffrîmes tant des poupées qu'elles fur..:nt et que beaucoup trop <l'entre clics sont encore. L'amour n'y pcrdr.1 rien. PriYc de son bandeau, il ne s'en conduira que mieux. I\ •. - Les restaurateurs actuels de l'i<lt'.:alismc, en leurs égare• ments mystiques, littéraires, ou plus simplement politiques, s..: pro• nonccnt contre la science. Elk peut dédaigner leurs attaques, mais non mépriser le sentiment qui les anime. Ou, pour mieux dire, il appartient à ceux qui n'ont jamais cru au diYorce <le la science et de la philosophie, mais, au contraire, ne Yoicnt ,Lins la philosophie que la synthcsc <les sciences réunies, de dcrnontrcr que l'idO::.ilismcn'est en rien contraire,\ l'esprit scientifique, que, comme phO::nomcnc, il a son explication et sa justification scientifiques, qu'il c;t une prcuye YiY,111te de la Yt:rité <le la théorie éYolutionnistc, et que mème il est un des facteurs essentiels de l'i:Yolution Yers le mieux. Qu'est-cc, en effet, qu'un idéal? Gne construction de l'esprit, qui, peut C:tre irrt'.:cllc et irration• nelle, chimèrique et extraYagantc, mais dont les matériaux se trouwnt dans la réalité. La bètc de l' c\pocalypse aYait sept tètes et dix cornes, clic ressemblait à un léopard, ses pieds étaient les pieds d'un ours, et sa gueule celle <l'un lion. Jean de Pathmos, en construisant œ bizarre animal, d'ailleurs symbolique, imagine, c'est-à-dire représente par image, quoi? C'n animal, c'est-à-dire un être réel. li lui donne plusieurs tètes et plusieurs paires de cornes; mais tètes et cornes existent aussi dans la nature. Des pieds et des gueules, cda existe aussi. L'arbitraire, l'irr.'.cl, c'est qu'il ait compose un animal impossible ,\ conccYoir tel qu'il le représente. Le moyen ,ige eut aussi toute une faune de dragons, d'hippogriffes, de licornes, de mélusines dans son cern·au

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