LA REVUE SOCIALISTE d'em·ie, l'.îme haineuse, d'exciter à la guerre ci,·ile et sociale. Cette dernière accusation seule est assez exacte ; ils prêchent, en effet, la révolte, ils ne n:nicnt pas la parole du Christ : « Je suis Yenu apporter la guerre au monde». Ils savent aimer et haïr, l'un ne va pas sans l'autre. Ce sont des êtres de transition, produits d'un monde social en décomposition d'un côté, de l'autre en voie de recomposition. Les meneurs actuels sont les organisateurs futurs. * * * Essais et ttudes, par Émile DE LAVELEYE. Deuxième scne, 18751882. Gand, J. \'uylstcke. - Paris, Félix Alcan, 1895. Ce volume continue la série des articles de polémique sociale qu'Émile de LaYeleyesema un peu partout. Comme tous les hommes d'action, l'auteur, e.1 dehors de ses grands ouvrages, ne dédaignait pas de se prodiguer. On le consultait de toutes parts et il répond,tit ,·olontiers. D'où l'infinie variété de œs essais jetés au vent de la presse. La propriété privée en temps de guerre, l'.wenir religieux des peuples civilisés, l'Afrique centrale, l'Angleterre et la Russie en Orient, le Crédit agricole, !'Économie politique en Angleterre, le président G.1rfidd, !'Instruction supérieure des femmes, le Yicepatenté, tels sont I.~stitres principaux de ces essais. On y est conduit par une main sùre à travers le dédale des questions les plus complexes d'économie sociale. D,111s « l'avenir religieux des peuples civilisés », Émile de Laveleye soutient cette thèse, chère aux protestants libéraux, que la fécondité religieuse des p~uplcsmodernesn'est pas épuisée. Il n'admet pas le matérialisme athée. Comme le catholicisme, si puissant qu'il soit politiquement, bat moralement de l'aile, et comme le protestantisme, surtout libéral, a fait faillite, il se rabat sur l'espoir d"un nouveau culte mieux en rapport avec les besoins et avec l'esprit des sociétés modernes. Quel est ce culte? Il ne le dit pas, il serait bien embarrassé de le dire. Les articles qui traitent de la politique extériéure belge sont du plus haut intérêt: on y voit, cc que nous ne soupçonnons pas en France, que les questions religieuses, ckricalisme mis à part, y jouent un grand rôle. En effet, en France, tout libér.11 ou radical a rompu définitivement avec l'Église. En lklgique, il n'en est pas de même. Il faut prendre parti sur le culte à rendre à Dieu, à un dieu patenté. L'indifférentisme, cc qu'on appclk un peu sommairement l'athéisme matérialiste, n'est pas de mise. Aussi Émile de Lweleye réclame-t-il, ici encore,. un nouveau culte. Quel culte? Il ne le dit pas ,brnntage. li cite Edgard Quinet et Michelet qui étaient toqués de la même idée. Il est triste de constater que ces mcn·eillcux poètes en prose (Michelet, Quinet) aient si violemment combattu des églises dont ils étaient au fond les plus fervents adeptes. Ils blaguaient le confessionnal et voulaient le reconstituer à leur profit. Ils n'y ont guère réussi. les questions coloniales sont étudiées à fond dans l'Afrique centrale, et la conférence géographique de Bruxelles, l'Angleterre et la Russie en Orient, la question égyptienne en 1882, le Congo en 1882. Plusieurs articles: Cliffe Leslie d les tmda11us 110,wellesde l'économiepoli-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==