LA REVUE SOCIALISTE auteurs \'Oudraient, de quelques causes profondes, - (étant donné comme ro11ditio11 un certain état de la science, de la morale et du droit) - did11irc logiquement le phénomène économique, par exemple. Ces causes fondamentales seraient des fins, des besoins, donnés à titre de faits par l'histoire. On ne peut, certes, condamner a priori l'emploi de la déduction dans les sciences sociales; mais on a le droit de rester défiant, tant que cette méthode n'a pas fait ses preuves. On ne trou,·e pas un seul exemple de cette déduction dans k fü-re de M. Bouglé. On n'y \'Oit pas non plus comment se composent ces forces psychologiques qui sont les besoins, les désirs, les fins. Quoi qu'il en soit, il faut reconnaître chez Lazarus, ,\'agner et \'On Jhering, partisans de l'abstraction, un même souci de l'exactitude. Leurs principes abstraits n'ont rien de mi:taphysique : ils sont simplement l'expression de ce qu'il y a de commun à toute une catégorie de faits observés. Ces savants voudraient rester positivistes sans manifester pour les idées la mèmc défiance que certains adeptes de l'écok historique. L'espace me manque pour dire tolit le plaisir que j'ai eu il. lire l'excellent ou,·rage de M. Bouglé. Mais j'espère bien que l'incomplet même de mon compte rendu obligera les curieux d'acheter et de lire ce livre lui-même. II. * * * Un Socialiste pratique : Robert Owen, par Auguste FABRE, aYec une introduction de Charles GrnE. - Nimes, bureaux de l'f:mnncipnlio11, 4, place de l' Aspic. Prix : I franc. Ce petit ouHagc est digne de l'attention de tous les socialistes, tant à cause de l'illustre précurseur dont la vie est racontée tout au long qu'à caus•: de la personnalité mème de l'auteur ;\l. Auguste Fabre est un des esprits les plus originaux et les plus vigoureux qui soient à Nîmes. Ayant longuement étudié Fourrier, Robert Owen et les essais des communistes améric,lins, M. Fabre a pensé que la réalisation pratique de l'idéal communiste entrevu par les grands penseurs socialistes du commencement du si~dc pourrait être atteinte par la coopération, entendue dans le sens le plus large du nJot et embrassant peu il. peu, non seulement la consommation, mais aussi la production, aboutissant donc il une sorte de collectivisme libertaire. Considérant que Robert Owen est un de ceux qui ont, non seulement conçu, mais réalisé un essai d'organisation communiste, .M. Fabre, qui s'attache très volontiers au côté pratique des questions, a consacrè à ce grnnd précurseur une longue et intéressante étude. Cette étude est certainement la meilleure qui existe en France; car elle a été entièrement faite d'apr~s des documents angbis complètement inconnus en France et peu connus m~mc en Angleterre. C'est dans cet ouvrage que l'on trouvera les détails les plus circonstanciés et les plus précis sur l'œuvre de Robert Owen à Xew-Lanark, sur l'organisation de la colonie communiste de Ncw-Harmony, en Amérique. Le génie pratique, les grandes conceptions et la haute moralité· de Robert Owen sont mises en lumière dans cet ouvrage d'une façon très intéres-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==