REVUE DES LIVRES Essaxons toujours de mettre un peu d'harmonie dans toutes nos Y<'.:rités « subjectives,, (et r<.!spectives).Si nous réussissons, cc sera déjà bien joli. C'est égal, le line de JI[. };;ordau est intéressant; et si l'auteur, par endroits, s'amuse, on peut accorder qu'il Yaut mieux s'amuser à jongler avec des Paradoxes qu'aycc des boules et des poignards, suirnnt la coutume. * * * Les Sciences sociales en Allemagne (Les Méthodes actuelles), par C. l3ouGul. - r vol. chez Alcan, Paris, 1896. Prix : 2 fr. 50. Dans cet ouwage :\[. Bouglé montre œ que Lazarus entend par sa Psycbologfr d<'spmpl,•s; il expose la Scimce de la 111orale, de G. Simmel; l'Éco11omie politiqu<', de A. \\"agncr, et la Philosopbie du Droit, de von Jhering; puis il termine par un rapprochement entrl.!l'état des sciences sociales en Allemagne et leur situation en France. Il résume les idées de ces quatre auteurs aYec toute la clarté désirable; son livre est admirablement écrit et son étude sur Lazarus est un petit chd-d'œuvre. Mais malgré cela, après avoir lu son liYn;, on serait bien embarrassé de se faire une opinion très nette des méthodes exposées. Cela n'est pas la faute de M. Bouglé : cela résulte de la trop grande généralité des idées émises par les sociologues en cause, lesquels n'indiquent que les grandes lignes de leurs systèmes. Dans tout l'ouvrage de M. Bouglé, on ne trouYcra pas plus de cinq ou six faits particuliers et le lecteur craint de se prononcer sur . des procédés qui n'ont pas été, devant lui, mis en œuvre. Je sais bien qu'une i11lrod11ctio11 ù la science de la morale n'est pas cette science même et que, dans les fo11de111mls d'une économie politique, on ne peut guère indiquer qu<:quelques principes généraux. Mais mon incertitude n'en est pas moins réelle. Les quatre écriYains étudiés sont d'accord pour reconnaître que la psychologie est l'âme des sciences sociales. Pour eux, décrire les événements, noter les signes extérieurs de la ,·ie des sociétés, faire avec soin de nombreuses statistiques, ce n'est pas expliquer rhistoire. \\·agner considèrera une organisation économique comme expliquée, s'il sait pour quels motifs <'.:goïstes, honorifiques, moraux, les hommes ont dù l'adopter de préférenœ à quelque autre. L'action du physique sur le social ne rn pas sans l'entremise du psychique, dira-t-on encore, et la « faim ne mettrait pas le monde en branle, si elle n'était pas sentie ». (:\fais oü est le matérialiste enragé qui contestera cela?) « Force nous est donc, pour comprendre l'hist0ire, de connaître les sentiments, c'est-àdire de les fair<.r!cvine en nous. » Cela serait excellent, en effet. C.:ux qui y parYiennent font preuYe d'ailleurs d'une sensibilité vive et d'une riche imagination. Mais est-ce bien lù le trarnil du sarnnt, ou n'est-ce pas plmôt un travail ,i côlé en quelque sorte, et qui se produira en son esprit, sans qu'il k Ycuille? Car la notation exacte d'un tn:s grand nombre de sig11ts n'est-elle p,1s le seul moyen d'arriver à une loi? JI y en a peut-être d'autres l.!t l'i11trosp.:ciion mo'.!mepeut aider à comprendre l'àmc des foules; mais il me parait ccrt,1in que ks résultats obtenus par déduction, par ai1alogie, ou par simple divin,nion, seront sàns ,,1leur, tant qu'ils n'auront pas été ,·érifiés par l'obscn·ation. };;os
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