La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

17 est sur\'eilli'.:e par l'État. Du moment que cette surn:illance est ni:ccssairc, il est plus logique <le donner aux banques <l'i'.:missionla fonnc sous laquelle la circulation <les billets pourra se dé,·cloppcr <le la maniére l,t plus sûre et la plus a\'antageuse, et pour l'État et pour la population. L'cxpcriencc et la logique prou,·ent que, sous le régime <le la liberté ou <lela pluralité <les banques <l'émission, les billets ne jouissent pas d'autant <le confiance que ceux d'une banque centrale; que c1.:s derniers circulent en beaucoup plus grand nombre, beaucoup plus longtemps, et qu'elle en peut opérer le remboursement a\'cc moins de numéraire. L'expérience apprend aussi que les banques d'État ( comme l'ancienne b.rnqut.! de Prusse) mi'.:ritent plus dt.! confiance et sont plus utiles à l.t masse de la nation que les b,111ques pri,·écs d'émission, 111.:mepuissantes et centralisét.!s. C1r, dans les banques pri,·ées, cc sont les intércts des actionnaires et des milieux oü se recrutent les conseils d'administration qui prédominent. Si la banque ccntr,1le n'a pas les mêmes intéréts que l'État, clic fa\'oriscra toujours les millionnaires et les gros négociants. Lt.!s dirt.!cteurs de banques qui ne dépendent pas de l'État s'occupent généralement bit.!n peu de la classe moyenne et de la classe OU\'ricrc. L'J~tat, au contraire, a tout inti'.:rêt ;\ protéger les couches sociales les plus nombreuses, cela d'autant plus qu'elles aussi font crédit à la banque en acceptant ses billets. Une n:\'olution s'opère en cc moment sur le marché monétaire international. L'argent perd sa valeur et ne scn·ira bit.!ntôt qu'à la frappe di,·isionnairc. L'or de\'ient le seul métal monétaire international. :\lais l'or est rclati,·cmcnt rare. Plus le crédit des banques d'cmission est solide- cc qui arri\'e lorsqu'elles s'appuient sur l'Etat, sur le pt.!uple tout entier - moins il leur faut d'or pour s'acquitter des eng,1gt.!ments n:sultant <les transactions internationales, et plus clics pourront faire usage de billets, cffots de change et chèques. Bonne garantie pour le maintien de la réscr\'c d'or. Ri'.:sumer les débats qui ont eu lieu aux Chambres serait n:péter les arguments, contre et pour, que nous ,·enons <l'énumi'.:rcr. :-.:ous rclè\'erons cependant quelques points touchi'.:s par les orateurs. Le rapporteur français dt.!minorité, :\1. A<lor (Bulle/. sli11ogr. ojfic., mars-a\'ril 1895, page 603), consi,lére la banque proposi'.:e « co111111c un premier p,1s très dangt.!rcux dans la ,·oit.! du s,i~ialis111~,l'Et.tt. Or, ajoute ;\l. ,\dor, étant a,h-crsaire ,k l'idi:t.! socialistt.! en Suisse (<'1 f>,IS ailleurs?), je ne puis accepter la rt.!sponsabilité de b cn:,ttion d'un ....

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