LA REVUE SOCIALISTE systcme que je considere comme pouvant devenir plus tard, entre les mains du socialisme d'État, un puissant instrument pour la réal~sation de ses vœux. « Cc puissant instrument qu'on appelle une banque d'État, est le postulat des postulats du parti socialiste. Une_fois au pouvoir, ne pourra-t-il pas arriver à se servir de la banque d'Etat comme il l'entendra ? « J'admire la prudente tactique du parti socialiste; il me fait l'effet du chat qui joue avec la souris. Il est tranquille et rentre ses ongles, il est mollement assis dans un coin (?) à regarder la souris, et cette souris c'est nous, qui serons pris (,\,[_ Ador représentela baule fi11a11ce), t qui deviendrons la proie du chat, qui se home aujourd'hui ,\ demander la banque d'État, parce qu'il sait bien qu'une fois organisée il saura s'en ser\'Ïr. » Puissiez-vous être bon prophi:tc, monsieur k conseiller! M. Scherrcr-Füllemann railla ceux qui tremblent devant le socialisme et lui rendit un hommage formel : Je n'appartiens pas, dit-il, au parti socialiste, mais je n'h&sitc pas à dire que cc parti est un facteur nécessaire au dén,loppemcnt social et politique de notrè pays, et aussi des autres. Qui a secoué les partis bourgeois de manii!re à leur faire étudier des problèmes si longtemps négligés? uniquement k parti socialiste, en Europe et hors d'Europe. Nommez-moi un seul des « postulats » social-politiques que vous avez pris en mains et réalisés, et qui n'ait d'abord été mis en avant cl.ms les cercles socialistes! Le~ partis politiques aujourd'hui dominants ne déploient une certaine activité d,ins le domainè social que gr:tc~ au parti sociafüte tant décrié - voilà ma conviction .. \ supposer que les socialistes arrivent au pouvoir, ils ne pourraient y arri,·er, en Suisse, qu'appuyés sur le principe démocratique de la majorité .. \lors, n'y eût-il pas de banque d'État, ils pourraient en créer une s'ils la trouYaitnt nécessaire ù l,1n:alisation de leur système. Dans la séance du 3 avril, M. le docteur Joos rappela au Conseil national les origines du mouvement en fayeur de la banque d'État : c~ fut, dit-il, I' U11io1o1,œrièrc suisse (d.-r Scbu•ei,aischeA,beitcrbwtd) q 0 ui exprima lé vœu que l'on cré,ît une banque d'Ûtat. Je proposai la chose à l'Assemblée fédér,ile, qui la renvoya aux calcndts grecques. Alors je commençai à réunir des signatures et trouvai quelques coll.iborateurs à Zurich. C'étaient, en prcmién: ligne - 110111m est 0111e11 - ;,,1. llermann Grculich, secri:tairc ouvrier, auteui: des projets ,le monopole du tabac et de traitement gratuit des malades par l'Etat; en seconde ligne, M. Lang, procureur de la République; M. Robert Seidel, n'.!dactcurde l'Arbeiterslin111u, Ill. Bodmer, conseiller municipal; mon cc-llèguc Curti et finalement ma petite personne (111â11e lf'cnigkeit). Cc co11sorti11111 ( ) (hilarité) décida de récolter les 50,000 signatures néces- (1) On appelle <l'orJinaire comor/ium une entente de banquiers et Je gros financiers. ,
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