16 LA RE\'UE SOCIALISTE la direction n'a pas seulement la responsabilité morale, mais bel et bien la responsabilité totale, du moins aux yeux du peuple. Les partisans mêmes d'une banque priYée sont forcés de reconnaitre que si cette banque est une banque centrale d'émission, l'Etat doit s'y intcresscr, y avoir la haute main . .Mais alors il devient responsable. Si la banque périclitait, l'État serait obligé de faire des sacrifices pour maintenir le crédit du pays. Donc, que l'Etat soit moralement ou juridiquement responsable, cela revient au même. En revanche, la garantie formelle de l'État sera d'un haut prix pour les personnes qui auront affaire :i la banque, et pour le crédit des billets. :\1. Heller, rapporteur de la commission de la banque d'État, a dit au Conseil national:" De même que l'État, dans un de ces moments ou son existence serait en jeu, a l'une de ces heures ou il s'agit d'être ou de ne pas être, mettrait la main sur tous les capitaux disponibles, même sur ceux d'une banque pri,·ée, de même l'État, quand il le faudrait absolument, viendrait au secours de la banque nationale d'émission, fût-cc une banque pri,·éc. Si l'on cn'.c cette banque scl~n les propositions Ador et Cramer-Frey, sous le nom de banque fédérale (B1111desba,1/i), et que ses billets disent: La ba11q1f1éedérale paiera au porlwr à vue - et que cette banque ait des malheurs, la Confédération pourra-t-elle l'abandonner et dire : " C'est « une banque privée, cela ne me regarde pas? » Assurément non. Que la banque centrale d\'.mission soit une banque privée, une banque mixte ou une banque d'État pure, les obligations de l'Etat, en cas de crise intense, sont sensiblement les mt'.:mes. » Autre objection : « Certaines banques cantonales fonctionnci11 à la satisfaction générale, c'est nai, mais la banque de la Confédération aura des diffü.:ultés autrement cbnsidt'.rablcs :i surmonter». Elle aura pour les vaincre des compétences et une autorité plus grandes. \' l I :\l. Max Wirth est un partisan décidé de la banque d'État (Die _\'oleuba11/ifrage Î1I Be,ielnwg ,ur 1Vaebru11gsrefon11 in Oe!lerreicb-U11gam). Or M. \Virth n'est pas le premier \'cnu; il a publié divers ou nages, des principes ù't:conomic politique, un manuel des bam1ucs, une histoire des crises commerciales et agricoles, une histoire de la monnaie, une étude sur les sources de la richesse, etc. ~fous lui empruntons les arguments qui sui1·cnt : La liberté des banques d't'.mission a donné de mauvais résultats. Elles ne peuvent émettre de billets sans cou,·erture totale que si la population a confiance, et la population n'a confiance que si l'émission
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