232 LA REVUE SOCIALISTE dans les assemblées syndicales et journaux corporatifs 1 ont eu raison de rappeler et de mettre en opposition les actes et les paroles de jadis avec les actes et les paroles d'aujourd'hui. En 1893. M. Dupuy a fermé la Bourse du travail sous prétexte que quelques syndicats qui y a,•aicnt été admis ne Youlaient pas se conformer à la loi de 1884, - en réalité, parce qu'il ne lui convenait pas que les syndicats eùssent la libre direction et l'administration des services que comporte la Bourse du travail. Or, aujourd'hui, décret ministériel et rcglemcnt municipal reconnaissent au préfet le triple droit d'admission, de surveillance et de garde, sous le contrôle, il est nai, d'une commission consultatiœ. ~fais cette commission est mixte, c'est-à-dire composée de dix ouvriers, de six conseillers municipaux et de quatre fonctionnaires, et ses avis n'obligent pas plus le préfet, que dans l'ordre communal les délibérations du conseil municipal. Scion le ministcre au pouvoir, nous assisterons à de belles fluctuations de l'opinion prcfcctoralc ..... Et cependant le 3 février 1887, ~I. Mesureur, alors président du conseil municipal, inaugurant à La Redoute la Bourse provisoire du travail, a prononcé ces paroles : « Nous avons tenu à vous faire aujourd'hui les honneurs de cette maison communale dans laquelle, demain, vous serezcbez ·vous. " Et dans la séance du conseil municipal de Paris, du mercredi 30 mars 1892, pendant laquelle a été discuté le rcglcmcnt de la Bourse du travail, en vue de l'installation dans l'immeuble de la rue du Châtcau-d'Eau, M. Poubelle, préfet de la Seine, s'est exprimé ainsi : On me demande à qui la Bourse sera ouverte, mais die le sera aux chambres syndicales. 11 y a, je le sais, à côté des syndicats formés conformément aux dispositions de la loi de 1884, il y a d'autres groupes qui ne sont pas constitués régulierement. Mais m quoi cela 111e regarde-t-il? Le conseil municipal pouvait distinguer entre les groupes légalement constitués et ceux dont la formation n'est pas régularisée : il n'a pas cru devoir entrer dans cc détail. D'un autre côté, M. le procureur de la République, chargé de veiller à l'observation de la loi, n'a pas dissous ces groupes. Je m'e,i tims là. Et le 22 mai 1892, nous assistions à la plus belle fête ouvricrc qu'il nous ait cté donné de YOir, à l'inauguration de l'édifice de la rue du Chàtcau-d'Eau, et nous a,·ons entendu M. Sauton, qui avait remplacé M. Mesureur, élu dcputé, à la présidence du conseil municipal, s'écrier, dans le m<'.!mcesprit que son pre<léccsscur aujourd'hui ministre : Le conseil municipal, APRÈS U'I MUR EXAME'I, disait-il, a reconnu qu'il y avait lieu de laisser aux Chambres et aux groupes corporatifs la dinctio11et l'ad111i11istratio11 des services que comporte la nouvelle institution.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==