La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

MOUVE)!E:--T SOCIAL 233 Je YOUSn:mcrcie d'aYoir bien \'Oulu accepter de faire aujourd'hui, au nom du conseil municipal, les honneurs de œtte maison communale qui, maintenant, EST L.\ \'OTRE. Au nom de la ,·ille de Paris, je Yous remets cette Bourse centrale du tra\'ail aYcc la confiance qu'elle sera entre ,·os mains un instrument de pacification sociale qui, tout en assurant le.! triomphe de ms justes rc,·endications, contribuera, par l<'s relalio11sq11t'i·o11ssere{ a111t11is ti 11011ear v<'c it's /rai•ailfrurs d,·s aulrts p.1ys, ù établir un jour l.t paix uni,·crselle. La Bourse coopérative. - Contre les deux institutions bourgeoises et capitalistes, la Bourse des Yalcurs et la Bourse du commerce, le prolétariat socialiste parisien a désormais dressé la Bourse des syndicats, du Tranil selon la locution ordinaire, et la Bourse des Soci~tés coopératiYes de consommation. ;-,'c s'en tenant plus simplement à une action étroite1~ent mercantile, les associations coopératives de consommation, suiYant le mouyemcnt de solidaritc socialiste pro,·oquc par les é,·énements de Carmaux et la fondation de la \'erreric ounièrc, ont fondé une Bourse coopérati\'e. Et Yoici, d'après l'un de nos amis de l'Egalilaire, une des plus puissantes coopératiYes parisiennes, les bénéfices économiques et politiq ucs espén:s par les fondateurs de la Bourse coopératiYc : La Bourse coopérative des Sociétés ou\'rières de consommation est à la fois une agence centrale commerci,1le de ces Soci0tés et une sorte de fédération des coopcrati\'CS. De là un double but: d'abord augmenter nos bénéfices, notre force, par l.i mise en commun de certains frais; ensuite, faire de la coopération un instrument de progrès social et de solidarité ouwière. L'l Bourse dc\'r,1 s'entourer de tous les renseignements commerciaux nécessaires aux achats de denrées à de bonnes conditions. Elle fournira le cours de ces dcnréés, dressera des statistiques de la consommation par rapport à la production et fa\'Orisera, dans la mesure du possible, le dé,·eloppcment des So~iétés ou"rières de production. Les Sociétés adhérentes conscn·cront toute leur autonomie. La Bourse n'aura p,1sle droit d'acheter pour son compte personnel; mais, créant un trait d'union entre les coopérati,·es, clic rendra possibles les achats en commun, fa,·oriscra les transactions, etc. Son action sur les intérêts généraux de la classe ouvrière sera encore plus sensible. L'union des Sociétés coopératives marque, à notre a\'is, un grand pas dans la \'Oie du progrès social. C'est un é\'énemcnt qui \'ÎCnt de s'accomplir et la classe ouYrière ne tarder.1 pas à s'en apcrce\'Oir. Il prou\'e que l'esprit un peu routinier des coopérateurs d'autrefois est disparu. Il ne s'agit plus aujourd'hui d'entretenir, parmi les tra\'ailleurs, une classe pri"ilégiée, une sorte d'aristocratie. Il faut, sans négliger les bienfaits donnés à chacun par nos associations, que notre but principal soit la solidarité oui>rierel,a défe11sedu prolétariat, la lu/le co11/relesgros capitalistes. Quant à la lutte politique, nous entendons y rester étrangers, en ce sens que nous ne \'Oulons pas fabriquer des candidats aux fonctions élcctiws. ;\lais

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