22..j. LA REVUE SOCIALISTE l!élènc, cause de b guerre interminable, a trompe son amant Phis comme clic ,wait trompé son mari Menelas. Cc n'est point sa faute; clic est bonne fille et, pour clic, dire non et faire: souffrir, ce serait u,timent conscience. On pourrait dénombrer indi\'iducllcment tous les princes troyens sans en troU\·cr un seul qui n'ait cté heureux de ses royales complaisances, depuis l'imberbe Clfophilc jusqu'au \'énérable grand-prêtre et à l'octogcnairc Priam. Et YOilà la femme pour laquclk tant de héros s'égorgent depuis dix ans! P,iris, en apprenant cette extrême fragilite, bondit comme tout à l'heure le mari d'Élpne, et ,·eut frapper sa maitresse, lorsque \'énus apparait soudain et se met à parler comme l'auteur dé l'Omih-e ou à peu pri:s; cc n'est pas du tout le même style, j'en con,·icns, nuis c'est la même indulgence. Elle dit de jolies choses sous une forme peu austére. Elle dit qu'il ne faut pas détruire la beauté, que le don de la femme est Il! plus précieux que nous aient f.1it les immortels, qu'il faut aimer le plaisit', qu'il viendra des temps tristes - les nôtres - où l'amour passera pour un pt:ché, mais que cc sera l'.igc n1auYais des plumitifs, et qu'il serait meilleur si l'on enfermait l'homme dans une morale moins stricte. Et tout cela est écrit avec gr.\cc en gentils YCrs qui sentent fort leur dix-huiti0::1m:siO::ck,à la fois aisés et soignes, et c'est agréable comme de l'llomO::rcrc,·u par Béranger. GASTON STIEGLER. I
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