La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

U:-. MARIAGE SOCIALISTE 211 UN MARIAGE SOCIALISTE On accuse couramment les socialistes de Youloir tout remettre entre les mains de l'Ét~t. La Yérité est que, en rendant à la collccti\·ité, surtout dans le domaine économique, certaines choses qui doi\·cnt lui appartenir, ils \"Culent aussi restituer à l'indh·idu, dans le domaine politique, religieux, ciYil, beaucoup de prérogatives que l'Etat leur parait di:tcnir indûment. Ainsi, beaucoup d'entre eux estiment que l'Etat non plus que l'Église n'a point à intcrYenir dans le mariage, du moment qu'il cesse d'être l'association de deux fortunes ou de deux positions, afin de redevenir, cc qu'il denait toujours être pour le bien di: l'espécc et des époux, l'union de deux êtres humains qui se sont choisis en pleine liberté. S;ins empêcher ceux qui le désirent de chercher une consécration officidle, légale ou ecclésiastique, ils réclament le droit de s'en passer, et cela non point dans le di:sir de diminuer la valeur morale ou de rabaisser l'importance de l'acte accompli, mais, au contraire, en \"Ue d'accroitre l'une et de rehausser l'autre. En fondant la famille sur l'amour, sur la confiance mutuelle, sur un engagement, solennel sans doute, mais affranchi de toute sanction extérieure, ils dé~agcnt la création d'un nouveau foyer domestique des bas calculs d'intérêt et des vilaines idées de chaine qui s'y trouvent trop souvent associés. On peut, si l'on veut, taxer d'imprudence les parents et les fiancés qui ont une foi aussi profonde dans la parole jurée, bien qu'il faille peu compter pour empêcher la désunion possible sur le lien fragile établi par la loi; mais on ne saurait sans injustice méconnaitre cc qu'a de noble et de généreux l'appel exclusif fait en pareille matière à l'honnêteté et à l'affection réciproque. Tel est le sens de la fète intime qui a eu lieu, le IO janvier dernier, dans les bureaux de la Revue Socialiste. ~111°Héna i\!ink, la plus jeune fille de notre amie ~lm• Paule ~link, et filkulc de notre vénéré maitre Benoit i\lalon, épousait en union libre un jeune et vaillant militant du parti socialiste, M. Henri Jullicn.

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