210 LA RE\TE SOCIALISTE <léli.:.1tcet presque s.:abrcuse. Elle tcn<lit une main sc,ourablc aux ,·ictimes <le l.1 déll;luchc masculine. Elle allait clic-même porter aux pauvres filles sortant d~ S.1int-Lazarc des vêtements, de l'argent, de bonnes paroles, l'assurance qu"dks n'étaient point rejetées à la merci du hasard sur le pa,·é de la grande ville. Elle écrivait des hrochurcs, donnait des conférences pour réunir autour d\,llc les bonnes volontés hésitantes. Qui pourrait compt.!r lcs malheureuses qu"elle ,1 empêchées ainsi de retomber dans la boue? Les multiples souci~ de cc patronage, ses dc,·oirs de mère et d'épouse ne suffis,1icntpas :1 son appétit d'action et de tra,·ail. Elle laisse encore une très belle 1r,1du.:1iondes œuYrcs de Mazzini et un opuscule, plein de cœur comme tout .:e qu'elle a éait, opuscule dont je ne saurais ni parler ni me taire, parce qu ïl me concerne. Elle a traduit, en outre, plusieurs ou,·rages de l'anglais; et, des lettres, toujours tri!s éh.:vécs, qu'elle a éparpillées au cours de sa généreuse existence, on pourr,1i1, on devrait f.1ire un ,·olumc, qui serait une lecture attachante et un rcrnnfort moral. Portée au mysticisme, comme bon nombre de femmes, elle aYait l'esprit trop l.1rge pour 111! pas admettre qu'on pùt pcnscr autrement qu'elle sur LIUdcl.1mystérieux de la vie, et clic n'a point rcfusé son amitié :\ des librespènseurs, a des matérialistes, ,·oire :\ des athées comme cdui qui éci it ces lignes. Cc fut une femme enthousiaste et courag..,use, dont l'exemple a fait autant que la dt.tude parole pour la causc qu'elle a\"ait cmbras;ée. S.t perte n'c;t point sculcmcm irréparable pour sa famille et ses amis; die est un deuil pour toutes ks fommcs et pour le sod.tlismc. AMILCARE C!PRI.\NI.
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