La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

12 LA REvUE SOCIALISTE peut-être l'espoir de pouvoir abuser de la banque d'État au profit d'opinions et influences politiques. ;\fais nous croyons que ce danger existe tout aussi bien pour la banque privée concessionnée et dirigée par l'l~t:tt, que pour la banque d'État pure. Ou bien serait-il vrai que des Sociétés pri,·ées par actions - banques et chemins de fer - n'eussent jamais été influencées par des partis et personnages politiques? Les expériences faites jusqu'à maintenant a,•ec nos nombreuses banques cantonales ne sont pas défavorables au principe des banques d'État et des L-anquesdirigées par l'État. Dans le canton de Zurich où, depuis les granclcs luttes politiques de 186o à 1870, le parti démocratique et le parti libéral se sont assez régulièrement remplacés au pouvoir, la banque cantonale n'a j.111uisressenti ces in0ucnces. On a méme vu, les prc111ièresannées après 1870, alors que le parti démocratique posséclait une majorité incontestée au grand conseil et au gouvernement, un conseil de banque dont i,t plupart des membres appartenaient it la fraction libérale. Plus tard, c'est le contraire qui eut lieu : on vit un conseil de banque en majorité démocratique sous un régime libéral. Il y a tantôt un qu,trt de siècle que la banque cantonale zurichoise est fondée, clic est dirigée par un conseil de banque nommé par 'le grand conseil, clic est placée sous la haute surveillance de cette dernière autoritc: elle est donc dirigée, administrée et surveillée par l'État. ;\1.tis ja111aison n'a osé prétendre que l'on y ait eu des préférences pour des amis politiques, ou que la politique ait joué un rôle dans les affaires de l:t banque . .\ cet égard, nous n'avons également rien appris de dcfavorable sur les autres banques cantonales. BJnque pri\·ée ou banque d'État, ajoute le Conseil fédéral, il faut que notre banque centrale d'émission soit organisée de maniérc à échapper aux influences politiques. L'administration doit être ind.'.:pcndantc, clic ne doit pas être un simple scn·icc de l'administration fédérale. La direction sera confiée non à <les politiciens, mais à des financiers et hommes d'affaires. L'Assemblée fédfaale aura, cependant, la haute surveillance, au nom de l'Etat f.'.:déral. Cc qui est très important, c'est que la banque d'État soit une pure banque d'émission, de virement et d'escompte, et qu'cl11.: s'interdise d'accorder des cn'.:dits à dt'.:couvcrt. Sur ces bases, il n'est pas à craindre qu'elle dc\·iennc un asile pour les politiciens ruinés, un instrument docik aux mains des partis. La banque d'l~tat bissera aussi de coté les opérations hypothécaires, c1ui immobiliseraient un trop fort capital, et qui rentrent mieux: dans les attributions des cantons, et mt::me des districts, puisque ces opérations exigent b connaissance exacte des localités et des emprunteurs. On redoute les influences politiques? Ces influences sont surtout sensibles en Italie, malgré le systéme des banques pri\ ées. Le SOU\'enir de la Ba11mromana et des millions que lui ont« emprunt.'.:s » c<:rtains personnages politiques, n'est pas encore effacé. On fait grand bruit des pertes

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