182 LA REVUE SOCIALISTE ces membres délicats :iux os mal soudés, qu'il s'agit <l'insinuer dans ces horribles gaines qui sont des Yêtemcnts; <lt'.:sespoirdu lutin qui ne se gêne point pour le faire Yoir, :illez ! En outre, il faut tout dire: encore émen·cillée de cette poupt'.:e vinnte, qui chaque jour deYient plus drôle, la petite maman s'attarde bien un peu aYec son men·eillcux jouet. Une matinée, ce n'est rien ! L'enfant à peine habillé, c'est le menage à mettre en ordre: le carreau frotte comme un miroir, chaque meuble essuyé aYCCun soin jaloux, le grand lit soigneusement bordé, et la courte-pointe neuve étiree à n'y pas apercevoir une ride. Dame! c'est qu'il n'y a pas deux manicres d'aimer son intérieur. L'aimant, on m<'t sa fierte à cc qu'il soit cité en exemple par toutes les commères du pays. Et puis, cc n'est pas malin d'en faire un app,lt pour garder le mari, l'empêcher de ressortir trop souvent, une fois sa journée faite. Mon Dieu! que les femmes sont folles, celles qui n'y songent pas 1 C'est si simple, pourtant. Deux belles pieces ensolcillecs; bien tenues, cela Yaut un palais. Une chambre à coucher: le triomphe du ménage, celle pour 1.iqudle, au moment du mariage, on a fait des folies et Yidé la tirelire ... Le mobilier nécessaire; plus une bibliothèque remplie de liYres, fierté du maitre de la maison; tout cela en bon noyer massif pouYant durer une Yie. ,\ côte, le berceau; plus fragile, plus ..:lé:gant, a\'ec ses rideaux de fraîche mousseline - pourquoi pas? le blanchissage qu'on fait soi-même n'est pas une affaire. Au mur, la photographie du couple : lui, ses habits neufs; elle, sa toilette de noce; sur la cheminée, une pendule un peu massive. L'autre pièce, beaucoup moins meublé:e, parce qu'on ne peut pas tout faire à la fois, sert de cuisine, de chambre à manger, de chambre pour traYailler; car, lorsque l'enfant dort, il faut se garJer de faire du bruit autour de son sommeil. Là on a transporte la table ronde couverte <l'un tapis, sur laquelle trône <l'habitude le panier :i ouYragc de la jeune femme, l'é:critoirc, les journaux à un sou de son mari. Les murs étant un peu nus, simplement recré:pis à la chaux, on les a trés bien décorés. Rien que des portraits; dé:coupés dans les périodiques illustrés; mais cc ne sont pas ceux des premiers venus. Orateurs illustres, d.:putés, journalistes déf.:ndant la cause des humbles, penseurs, philosophes; ils sont tous là, les :\!aîtres choisis, les grands façonneurs d'àme ..:t de pensée, ceux auxqui:ls on doit sa fierté de citoyen, son orgueil d'honn~tc homme. Cent fois regardés a\•ec une reconnaissance enthousiaste, presque aYec attendrissement, ils sont le coin bleu et ensoleillé <l'une Yie qui sans eux serait uniquement matérielle, simple chasse au pain journalier. Sans eux, on serait <lepurs manœuvres, Oil ignorerait les iYresses contenues dans un beau livre. C'est pourquoi Oil Yénère ces im,tgcs, à l'é:gal <le ces reproductions qui, pour certains,
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