La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

180 LA REYIJE SOCIALISTE DEUX VOIX Nous ne son1mcs pas envieux, Poètes frais éclos ; les ,·ieux Qu'une gloire auguste environne Sur leur front saint ont la couronne ; .\ leur table plus d'un s'assied, Plus d'un s'y ga,·c comme il sied. Socialistes peu farouches Et moins qu'on ne croit malappris, Xous savons de l'Art pur le prix. On ne \'Oit point nos regards louches Tenter d'ôter le pain des bouches D'où tant de beaux ,·ers sont partis. lis sont les grands, nous les petits. ;\lais faut-il toujours que le jeune, Domptant ses justes appétits, Jeûne. Nous ne sommes pas envieux, Penseurs, lutteurs nouveau"; les vieux Ont subi plus d'un dur martyre. Sui,·ons, le gouffre au gouffre attire. Ils ont eu l'exil éclatant, Et le Panthéon les attend Au sortir de l'Arc de !'Étoile; lis sont morts purs et triomphants En chantant les petits enfants ; Sur eux le firmament s'étoile. Les sorts sont ainsi répartis, lis sont les grands, nous les petits. P1:tits ou grands, toutes rumeurs Tombent, adorable accalmie, Au grand cri de la grande Amie : :\leurs. PAUL Bt:Ql:ET. (D'après Robert Seidel.)

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