LA RE\'UE SOCIALISTE Cette même di,·ision s\:st rctrouYéc depuis le congrés d'Erfurt entre les socialistes allemands. Le socialiste DaYid dcfend l'opinion que, si l'érnlution économique conduit nécessairement à la ruine de la petite industrie, il n'en est pas de même de la petite proprit'.:tt'.:, le petit paysan pou,·,111t lutter a,·antagcusement contre le capital. Kautsky proclame que, dans une organisation socialiste, il n'y a plus de place pour la propriété indi,·iduclle et qu'il faut en prendre son parti. Ce double courant s'ctait dcjà manifesté au congres d'Erfurt, où la conception de l3cbcl s'était heurtée à celle de \'ollmar. Pour l3cbcl, la solution tenait tout enticre dans ces trois mots: nationalisation du sol. Il n'y a pas de doctrine plus généralement admise par les .:conomistes r.:formateurs, ni qui trou,·e une base philosophique plus solidc. Elle est enscignt'.:e dans presque toutes les uni,·ersitcs allemandes et Charles Secretan et \\'airas professaient à l'uniYersitc de Lausanne que l'appropriation indiYiduelle du sol était insoutenable en droit naturel. Vollmar pense que ces mots magiqucs,nc suffisent pas, qu':ictuellcment ils heurtent de front les sentiments ks plus intimes et les plus tenaces des campagnards. Son systcme consiste à reculer la nationalisation comme un idéal lointain et ,i s'attacher surtout aux mesures transitoires. Il leur donne ainsi une importance considérable et presque indépendante du but final qu'ils doi,·ent serYir à atteindre. Autant Bebel est entêté à défendre sa thcse unique de la nationalisation, autant \:ollmar se renferme dans ses mesures immédiates. Bebel heurte l'indi,·idualisme campagnard. \'ollmar pousse la tactique jusqu'à le seconder et le serYir. Le congn'.:s d'Erfurt ne prit pas de résolution, il confia à une commission le soin de rédiger un projet de programme agrain: qui serait discuté a Breslau. Les partisans de Vollmar considércrent à bon droit cette résolution comme un succcs, Bebel étant hostik à tout programme agraire spécial. Entre les congres de Breslau et d'Erfurt, la presse socialiste allemande a discuté la question agraire et il parut, à la lecture des journaux, que c'était plutôt le système de \'ollmar qui y trouYait un écho fa,·orabk. Deux publicistes distingués, Schippd et le <l'octeur Schoenlank, contribucrent surtout au succcs de cette campagne. Enfin le congrès de Breslau se réunit. Les mandats étaient précis. Le systcme qui bornait toutes les rfformes agraires à la nationalisation était écarté aussi. La base de la discussion dcYait être le rapport de la commission. C'était une commission modcle, que celle nommée par le congres d'Erfurt. Chacun de ses membres aYait aban• donné ses vues personnelles pour travailler avec ardeur suiYant le mot
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