La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

IO LA RE\'UE SOCIALISTE réclame aujourd'hui une b:111que mixte, se faisait le champion d'une banque centrale purement priYce, dans sa brochure Die Reg11lieri11d1egs Br111/;110/emuesms in der Scbweiz. 1\1. Cramer-Frey s'est expliqué quand un indiscret lui demanda les motifs de cette évolution : :\1. CramerFrey continue ses préférences it la banque absolument priYce; mais, par esprit de conciliation, poussé aussi loin que possible, il proposera un système mixte! Par pur esprit de conciliation, l\11\1. Cramer-Frey, Ador et de Graffenried ont donc .'.:laboré diYers projets de banque par actions, sous la surveillance fedéralc. Dans ces projets, l'assemblée des actionnaires nomme en grande partie le conseil d'administration, approuYC ou désapprouœ les comptes, etc. Cc seraient donc ks actionnaires qui détermineraient la part de l'État aux bénéfices! Or la Suisse a fait récemment, aYec les assemblées d'actionnaires, des expériences qui nous ont rendus méliants. On a beau prendre toutes les précautions, ne perm~ttrc que le YOte nominatif, soumettre le transfert des actions à l'approbation des autorités, cela n'cmpèche pas, quelque jour, les innucnccs etrangèrcs à l'intert'.:t du pays de peser sur les assemblées d'actionnaires. Les assemblées d'actionnaires du i\ord-Est et du Jura-Simplon ont donné cc spectacle édifiant. « Réscrn:z ro millions au capital pri,·.'.:,dit 1\1. Kellcr,ilstombcront probablement en un petit nombre de mains. li y aurait tout au plus cinq cents porteurs de ces parts priYées. Cc n'est pas la peine de faire une exception pour cinq cents personnes. " L'article 39 rcscrvant aux cantons au moins les deux tiers des bénéfices, il ne reste guère de place pour les capitaux pri,·és. \'eut-on absolument intén.:sscr le capital pri,·é à la banque d'État, elle déviera de son but principal, elle cherchera le gain des actionnaires, plus que l'utilité générale. Même si la Confédération et les cantons fournissent une part du capital, 1111:mcs'ils sont représentés à la direction, les assemblées gém:ralcs d'actionnaires subsisteront, la spéculation et les jeux de bourse persisteront, comme dans les Sociétés de chemins de fer, et il faut que cela finisse! Comme l'a dit 1\1. J .-J. Keller, conseiller national·, le 18 décembre 1892, à la fètc dt'.:mocratiquc de Bülach, si nous YOulons n;solument la banque d'État, c'est que la banque de la Confédération et les banques c,rnton,1les (qui dt:Yicndront ses succursales), doivent aYoir pour principe de ne poursuinc aucuns buts intéressés ni fiscaux, mais de s'efforcer de satisfaire, à aussi bas prix que possibk, les besoins de crédit et d'argent du peuple suisse, d'.~tre, en d'autres termes, de véritablesbanquespopulaires. Il s'agit essentiellement de sauvegarder les intérêts des débiteurs; les capitalistes savent déj:\ se tirer d'affaire. Si les banques populaires ne cherchent à gagner que leurs frais d'admi-

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