La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE troublant. Et, quant aux manœunes qu'on exécute à grands frais et it grand fracas chaque année, elles sont, pour tout homme de bon sens, des parades brillantes qui ne prouvent rien, des exercices, utiles peutêtre pour éblouir les foules et pour ne pas les laisser s'endormir dans une paix trompeuse, mais incapables de ré,·t'.:lcr la stratégie qui sera. demain Yictorieuse. Jamais plus qu'aujourd'hui les régies et les traditions n'ont etc reléguées forcement au rang des antiquailles; jamais plus qu'aujourd'hui n'apparut clairement la nécessité d'imaginer des méthodes notm~lles pour des conditions nom·clles. « En prt'.:Yisionde la guerre future, de ce sphinx mystérieux qui peut nous dt'.:YOrcrtous, sois de ceux qui \"Culent au moins apprendre à l'Ècolc <le guerre le peu qu'on peut sa,·oir ou cleYincr <lecette terrible énigme. Cc jeu d'échecs, ou <les forteresses et des régiments rcprc- ,cntent les cases et les différentes pièces, Yaut bien aprcs tout le jeu de billard, et l'officier qui essaie de s'y <lébrouill<.:rpeut échapper ainsi aux miasmes empoisonneurs <le la Yie cle garnison; il y fait entrer, comme un souffle ragaillardissant, un peu d'intelligence et d'intérêt. « Si tu n'arrin~s pas à être de ceux qui pénctrent jusqu'aux secrets ressorts de la gigantesque machine qu'est une armée moderne, eh bien! défends-toi encore contre la torpeur enYahissante en te d(:youant à t<.:shommes. " Tes bo111111t·s ! Une expression bien peu démocratique, bien entachée du Yieil esprit féodal et autoritaire, bien répugnante même, si clic signifie dans ta penscc des hommes soumis à tes caprices, des cspcces d'esclaYcs publics punissables et con·éables à ta Yolontt'.:. Une expression qui contirnt en deux mots le n:sum<'.: de tes deYoirs, si tu la comprends comme il sied de la comprendre, si tu entends par là des hommes que tu <lois aimer, respecter, instruire, si tu te considères comme ayant ,i leur égard t111rôle de frère ainé, et, pour ainsi dire, charge d',1mes. « Je ne te demande pas <l'abdiquer l'autorit<'.: que ton grade te confèn.: : point d'année sans discipline et il serait fou d'accepter l'une en rejetant l'autre. ;\lais je te d..:mande d'user de ton pouYoir en le r<'.:glantpar la justice et en le tempérant par la piti.:. ·« L'officier qui s'ennuie dcYient Yitc un officier qui néglige son serYicc; il ferme les yeux; il laisse faire; il semble bon enfant; puis, tout à coup, qu'une saute <l'humeur le rembrunisse, qu'une obserYation d'un supérieur l'irrite, c'est un brusque retour de rigueur, c'est une éruption d..: séYérités plcuYant et ricochant au hasard, c'est une cascade de punitions iniques et impatiemment supportées, parce qu'elles sont contraires aux libert.:s qu'on a permises. J\!auYais officier, celui qui se laisse aller à ces intt.:rmittences de relàchcment et de raideur! ~e sois jamais cet officier-là.

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