La Revue socialiste - 1896 - Tome XXIII- vol 01

LA REVUE SOCIALISTE rcntrt'.:es contre cc que ,·ous aurez subi à cause d'elle. Jurez-Yous d'employer plus tard toute votre t'.:ncrgie à la combattre, et, en attendant, pn:nez la résolution, autant que cela dépendra de votre influence et de ,·os \'Otes, de rendre moins longue, moins inégale, moins dure pour les gt'.:nérations qui ,·ous suivront la pénible scn·itude dont aura pàti votre jeunesse. ,, IJn grand écri,·ain disait, en parlant de l'armée pcr111a11t11fr ( ) : « Elk est ayeuglc et muette. Elle frappe de\'ant clic du lieu où on la « met. Elle ne ,·eut rien et agit par ressort. C'est une grande chose que « l'on meut et qui tue; mais aussi c'est une chose qui souffre. » « li faut que cela cesse d'être uai. Le sen·ice militaire est deYenu obligatoire pour tous; tous sont ainsi obligt'.:s de le juger d'après leur expéri..:ncc personnelle; cette cxpt'.:ricnce même est cc qui le condamnera. On a (du moins à d..:mi) <lémocratist'.:l'armée : c'est un achemincmcnt à la transformer en milices, puis :\ la supprimer. « Soldats socialistes, considérez-,·ous comme les artisans de cette grande œu,·re pacifique et allez, sous le drapeau de la patrie, travailler pour l'humanité. » * * ,. AUX OFFICIERS J'aurais beaucoup à leur dire; mais on me communique quelque chose qui me dispensera de leur parler longuement : c'est une lettre d'un vieux démocrate à son neveu sortant de Saint-Cyr. « ~Ion cher enfant, « Tc voici officier. Faut-il t'en ffüciter, ou t'en plaindre? Tu sais que j'aurais préféré pour toi une autre carrière; c'est un piteux outil qu'un grand sabre par le temps qui court; et j'aurais \'Oulu que tu ne fusses pas rt'.:duit,\ souhaiter pour ton a\'anccment meurtn:s, incendies, bombardements, pillages, tout cc que comporte la guerre. Mais quoi! Tu n'étais pas de force à entrer dans les grandes i'.:colcs ciYiks; tu ne te sentais pas de taille à <kYcnir artiste ou littérateur; tu aYais horreur du commerce; tu avais peur de l'inconnu grand ou,·ert devant les jeunes énergies qui sont résolues à se conquérir toutes seules leur place au soleil. Tu as choisi la ,·oie plate et régulière, quoique par instants sanglante, qui 1111:nàe la retraite ou à la mort sans qu'on ait la peine de faire œuvre d'initiati\'C personnelle. Que ta Yolonté soit faite, même quand die est une abdication a perpétuité de ton YOuloir. Seulement tu me permettras, au moment où tu commences ton existence (t) Alfred de \'igny, Serviludt el gra11deurmililairt (Ch,pitrc JI).

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