LA RE\'l:E SOCIALISTE L·adjudication aura lieu le mercredi 9 octobre 1895, ,\ une heure, dans b salle d'honneur de l'hôpital militaire de Vincennes ... Désignation des denrées ... Cravons ordinaires, enveloppes diverses, encriers, porte-plumes, encre noire, ce;rn,ilspour officiersc, ercueilspour sous-ojficitrest soMats,croix mortuair,·.< pour officiers,croix mortuain•spour sous-officierest soldats, etc. \'oyez-Yous l'esprit <le caste, l'esprit de priYilège et d'inégalité, séparant jusque Jans la tombe M~I. les officiers du Yil troupeau des soldats? Je passe sous silence, ne Youlant apporter à l'appui de ma thésc que des tcmoignages officiels, les a,·cux imprud,ents de ceux qui saluent dans l'armce un engin de rcpression contre les rcYendications des foules, un rempart de l'ordre capitaliste, un moyen de faire taire à coups de canon les réclamations des dcshéritcs. Les paYcs sanglants de Fourmies, où les fusils Lebel firent merycillc, SJIYCntde quelle façon l'armée fonctionne comme organe de classe. On comprendra donc que je parle tour à tour aux deux groupes qui s'y trouYent plus encore superposés qu'unis l'un à l'autre. * * * AGX SOLDATS Le discours su1nnt lut adressé par un mien ami à des conscrits socialistes, qui partaient pour rejoindre leur corps. Je ne dirai ni où, ni quand, ni par qui . .\!cttcz que je l'ignore ou que j'ai eu peur de compromettre l'orateur et les conscrits aux yeux de l'ombrageuse autorite militaire. « Mes camarades, " \'ous voici, pour trois longues :111nécs,arrachés a vos familles, a votre Yie ordinaire, à votre jeune liberté! Je vous fclicitc de n'aYoir pas cru, comme tant d'autres, que la meilleure façon de célébrer cc graYe changement dans \'Otre existence était d't:talcr une joie folle, d'arborer :\ vos casquettes des rubans et des cocardes aux couleurs Yoyantes, de vous griser de vins et de chants également frelatés. Ces tklats de gaietc, cc tapage de gros rires pouYaient convenir aux mercenaires qui jadis se laissaient racoler pour un morceau de pain par les sergents du roi; ils étaient une explosion d'allégresse bien naturelle chez des aYcnturiers, ra\'is de vendre leur peau pour la certitude de m,inger tous les jours et pour l'espoir de faire souvent ripaille aux dépens du pays cnncmi ou ami; parfois aussi ils déguisaient, sans pan·enir à la cacher, la tri~tessc na,•rée de pauvres garçons qui arnient besoin de s'ctourdir pour ctouftèr le regret de la maison paternelle et
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==