LETTRES SOCIALISTES 129 LETTRES SOCIALISTES AUX MILITAIRES Oui, nous autres socialistes. nous, les prétendus buYeurs de sang, nous souhaitons ardemment la mort de la guerre, cette surYi•ranœ des àges barbares; oui, nous Youlons que tous les hon;mes réconciliés communient un jour dans l'amour et l'harmonie; oui, au nombre des utopies horribles que nous tra\'aillons !t réaliser, nous mettons la paix uni,·erselk et, pour la faire sortir des brouillards du rè,·e, nous reclamons deux' choses : une vaste fédération de peuples libres cr, dans chaque peuple, la justice entre citoyens, condition prblable et garantie de la justice entre États. :--.:oussommes donc les ad\'ersaires implacables du militarisme; nous le d..:testons parce qu'il tue la liberté, parce qu'il gaspille le sang et l'argent ·des nations, parce qu'il r.'.Yeillc et entretient les sauYagcs instincts de l'humanité primitiYe, parce qu'il dépense stérilement, !t cultiYer l'art hideux de s'entr'égorger, une somme prodigieuse d'energie et d'intelligence que nous Youdrions YOiremployée :\ l'amélioration, et non !t la destruction, de la Yie sur la terre. C'est notn: espérance, notre foi, notre certitude que le militarisme disparaitra comme achhe de disparaitre l'esclavage. Il semble, de la sorte, que nous n'ayons à nous occuper de l'an11<:è que pour la condamner, pour lui crier: « Tu es une chose n1au\'aisc, condamnée :\ périr. " Eh bien! non. ;\OUS ne pouvons pas, sans manquer ,i l'équité ainsi qu'au bon sens, traiter le présent comme si nous YiYions déjà dans l'avenir plus ou moins.lointain. r.!ème en gardant nos regards fixés sur ce qui doit être et sera un jour, nous 9
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